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Au syndicat des policiers provinciaux, on n’est pas tombé à la renverse en apprenant que le DPCP ne déposait aucune accusation dans le dossier des femmes autochtones de Val-d’Or.

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que la montagne a accouché d’une souris, mentionne Pierre Veilleux, président de l’Association des policières et des policiers provinciaux du Québec (APPQ), dans une lettre envoyée aux médias.

«Ce résultat n’est guère surprenant lorsque l’on considère qu’au moins 16 de ces dossiers (sur les 35 concernant Val-d’Or) n’auraient, de toute façon, pas été soumis au DPCP lors d’une enquête dite normale», fait-il remarquer.

Soulignant que deux agents autochtones étaient impliqués dans l’enquête du SPVM à Val-d’Or, M. Veilleux espère que le gouvernement du Québec ne cédera pas à la pression d’instaurer une commission d’enquête ou un autre comité afin de réviser les décisions du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

«Il faut absolument que cesse la vindicte populaire alimentée par certains médias à l’effet qu’en raison des résultats de l’analyse du DPCP, de nouvelles enquêtes soient nécessaires parce que celles qui ont été effectuées jusqu’à maintenant ne seraient pas impartiales, ce qui relève de la démagogie et de l’opportunisme politique, de lancer M. Veilleux.

«Par ailleurs, il est désolant que l’on confonde aussi aisément l’existence de relations difficiles et la présence de racisme systémique, poursuit-il. Les tenants de cette théorie ne se basent que sur des allégations qu’ils tiennent pour avérées, encore une fois.»

«Relevés injustifiés»

Déplorant que les policiers de Val-d’Or aient fait l’objet d’un procès public et médiatique depuis la diffusion du reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada, en octobre 2015, l’APPQ réclame maintenant justice pour les policiers qui ont été suspendus dans cette affaire.

«Au lendemain du reportage, huit policiers ont été relevés de leurs fonctions bien que ne faisant l’objet d’aucune allégation de nature sexuelle, tel qu’allégué dans ce reportage, signale Pierre Veilleux. Assez, c’est assez! Il n’est pas suffisant d’avoir mis fin aux relevés (les suspensions). Le gouvernement et la Sûreté du Québec doivent s’asseoir avec l’APPQ afin que les policiers concernés soient indemnisés adéquatement de ces relevés injustifiés», affirme-t-il.

Trouver des solutions viables

Selon le syndicat des policiers et son président, il est grandement temps de se concentrer, comme société, à trouver des solutions viables pour les personnes vulnérables ayant fait l’objet du reportage d’Enquête, plutôt que de se lancer dans une chasse aux sorcières contre la police.

«La société et les responsables des communautés autochtones devraient concentrer leurs énergies à s’attaquer directement aux problèmes internes de ces communautés occasionnant tant détresse que toxicomanie, écrit Pierre Veilleux. Puissions-nous tirer une leçon de cette affaire en plaçant, à l’avenir, la modération des jugements publics et la présomption d’innocence au cœur de nos principes, afin d’éviter que soient détruites inutilement des réputations.»

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