MONTRÉAL — Le syndicat Unifor, qui représente des milliers de travailleurs dans la forêt et les industries connexes, presse le gouvernement fédéral de faire connaître l’aide qu’il apportera aux entreprises du secteur du bois d’oeuvre. Il se dit inquiet et craint des pertes d’emplois chez ses membres.

En entrevue avec La Presse canadienne, lundi, au congrès de la FTQ, à laquelle Unifor est affilié, Renaud Gagné, directeur québécois du syndicat, a dit appréhender l’effet sur l’emploi, ici, des taxes ou des limitations aux exportations canadiennes qu’imposeront les Américains.

Vendredi dernier, l’industrie américaine du bois d’oeuvre a déposé une requête judiciaire pour concurrence déloyale et dumping contre l’industrie canadienne, lançant ainsi une nouvelle guerre commerciale contre le Canada, incluant le Québec.

La coalition réclame des autorités américaines qu’elles imposent des tarifs douaniers punitifs sur les produits en provenance du Canada pour compenser les torts causés aux scieries des États-Unis.

Après la crise de 2008, «on commençait à sortir la tête de l’eau et là, on vient nous taper dessus avec cette plainte-là», a déploré M. Gagné.

Il affirme que l’industrie d’ici aura besoin de garanties de prêt du gouvernement fédéral et assez rapidement, parce que le dossier risque de s’éterniser durant deux ou trois ans devant les tribunaux.

Il fait valoir aussi qu’à cause du climat d’incertitude, les entreprises d’ici seront réticentes à investir pour se moderniser, augmentant du même coup leurs coûts de production.

«On va souffrir à bien des endroits et ça va être extrêmement difficile», a prévenu M. Gagné, particulièrement dans les régions du Québec, comme la Côte-Nord.

«C’est certain qu’on va avoir des mises à pied. Il y a des entreprises qui vont avoir de la misère à passer au travers», a prédit le dirigeant syndical.

Lors de la dernière crise, «c’est 10 000 travailleurs qu’on a perdus» sur un total de 26 000 chez Unifor seulement, a noté M. Gagné.

Et, en plus, de nombreux travailleurs âgés s’apprêtent à prendre leur retraite et les jeunes, voyant l’insécurité dans ce secteur, n’étudieront pas dans ces programmes de formation professionnelle. «On va être en pénurie de main-d’oeuvre pour quelque reprise que ce soit. On ne se relève pas de ça depuis 2008», a laissé tomber M. Gagné.

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