Jacques Boissinot/ La Presse Canadienne Lucie Charlebois.

QUÉBEC — Sursis de courte durée pour une résidence pour personnes lourdement handicapées, défendue par l’opposition.

Faute de financement, la Maison Jean-Eudes Bergeron, à Alma, la seule de son genre au Lac-Saint-Jean, doit fermer dans à peine deux semaines, le 1er juillet, mais Québec «travaille sur un scénario».

Interpellé par le député péquiste local Alexandre Cloutier, mardi, le premier ministre Philippe Couillard a dit en Chambre que «pour l’instant», les gens vont rester «où ils sont», mais la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois, ne s’est pas engagée sur la survie à long terme de cette résidence.

La vingtaine de résidents de cet établissement très récent veulent y rester, comme ils en ont témoigné en conférence de presse à l’Assemblée nationale, et ils craignent par-dessus tout d’être parqués dans un Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Il manque environ 25 000$ par mois pour boucler le budget de la Maison Jean-Eudes Bergeron, qui n’est pas admissible à certains programmes gouvernementaux, et Alexandre Cloutier a réclamé en Chambre au moins six mois de sursis, mais en vain.

«Il y a une situation d’urgence parce que, le 1er juillet, si on n’a pas trouvé de solution d’ici là, ce n’est pas compliqué, c’est terminé, la résidence va fermer», a prévenu le député de Lac-Saint-Jean.

«On travaille encore au dossier, ce n’est pas le 1er juillet aujourd’hui, alors restons calmes, a fait valoir la ministre déléguée à la Réadaptation, Lucie Charlebois. Je vais travailler au dossier, puis trouver une solution.»

La ministre déléguée a clairement écarté l’option du CHSLD, cependant, elle n’a pas précisé si le milieu de vie privilégié serait la maison actuelle ou un autre.

«Non seulement jamais ils ne seront dirigés vers un CHSLD, il faut qu’il y ait un milieu approprié et une ressource intermédiaire qui correspond à leurs besoins», a-t-elle évoqué. Elle s’est engagée à rencontrer les représentants de la maison Jean-Eudes Bergeron qui étaient dans les tribunes du Parlement à la période de questions.

Ces résidents en fauteuil roulant ainsi que leurs accompagnateurs se sont présentés au côté de M. Cloutier en conférence de presse dans le hall de l’Assemblée nationale.

Leur porte-parole, Gino Lebel, a argué que, dans l’administration gouvernementale, il y a une case pour les personnes âgées, une case pour les personnes avec une déficience intellectuelle, mais que les personnes comme lui n’ont pas leur place nulle part. Il entend se battre et résister.

«Je suis le premier en fauteuil roulant qui a décidé de prendre le taureau par les cornes et se battre pour la maison, j’ai fait des promesses à mes amis qui sont derrière moi, puis je leur ai dit que, tant puis aussi longtemps que je vais être là, la maison, elle va rester ouverte, puis que, s’il faut, (…) je vais m’enchaîner à la bâtisse, (…), puis ça va se passer s’il faut qu’ils me sortent de mon chez-moi.»

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