Peter Mccabe Via Rail. Peter Mccabe / La Presse Canadienne

TORONTO — L’Office des transports du Canada (OTC) rejette les efforts de Via Rail pour tenter de limiter l’accès à ses trains aux passagers handicapés.

Le transporteur résiste activement à une précédente décision rendue par l’Office imposant à Via Rail de doubler sa capacité d’accueil pour les passagers à mobilité réduite et de créer deux places pour attacher des fauteuils roulants dans tous les trains.

Cette décision faisait suite à une plainte déposée par un couple de Toronto, dont les deux membres souffrent de paralysie cérébrale et utilisent des triporteurs. Ils soutenaient que l’approche privilégiée par Via Rail les empêchait de voyager ensemble.

Via Rail avait rétorqué qu’elle prévoyait plutôt installer deux places contiguës dans l’une des trois classes de train voyageant sur un seul trajet.

Dans une décision rendue le 1er novembre, l’OTC rejette l’approche de Via Rail et ordonne à la compagnie d’installer des places pour attacher les fauteuils roulants dans tous les trains à travers le pays à défaut de quoi elle devra présenter des arguments clairs expliquant en quoi elle perçoit cette décision comme une contrainte excessive.

Via Rail affirme qu’elle étudie la plus récente décision de l’Office et qu’elle ne souhaite pas commenter plus en détail pour l’instant.

Martin Anderson et Marie Murphy, le couple de Toronto qui était au coeur de cette affaire, se disent encouragés par cette décision de l’Office. Mais malgré ce jugement clair et net, ils anticipent d’autres batailles.

«Nous demeurons modérément optimistes, mais avec chaque victoire que nous pensions avoir obtenues, VIA a tendance à faire traîner (les choses) encore», a confié Mme Murphy en entrevue téléphonique.

«On sent comme si on avait le poids de l’OTC derrière nous et que (Via Rail) a finalement des comptes à rendre. J’espère qu’ils ne pourront pas s’en sauver cette fois-ci.»

Le combat du couple semblait gagné en février dernier, lorsque l’OTC s’était prononcée sur leur plainte formelle critiquant l’accessibilité aux trains pour les personnes en fauteuil roulant.

M. Anderson et Mme Murphy dénonçaient une politique statuant que les trains ne devaient avoir qu’une seule zone munie de dispositifs de retenue pour les personnes en fauteuil roulant ou en triporteur. Les autres passagers utilisant ces dispositifs devaient alors les placer dans le compartiment à bagages, ce qui mettait à risque ce matériel dispendieux.

Les plaignants arguaient que cette politique était discriminatoire pour les passagers handicapés, alors que Via Rail soutenait que les difficultés du couple avaient plutôt été provoquées par un mauvais service à la clientèle.

L’Office des transports du Canada s’était rangé du côté du couple en février et avait donné le choix à Via Rail de fournir deux places pour attacher des fauteuils roulants dans tous les trains ou de permettre à deux fauteuils ou triporteurs d’utiliser les mêmes dispositifs de retenue. Le transporteur pouvait aussi choisir de présenter des arguments pour prouver qu’il ne pouvait pas se conformer aux ordres.

Via a choisi de changer de politique pour permettre à deux fauteuils ou triporteurs d’utiliser les mêmes dispositifs de retenue dans des trains en particulier.

En juin, l’OTC a envoyé une lettre à Via Rail pour demander la «confirmation» de plusieurs points, dont le fait que la nouvelle politique soit appliquée sur tous les trains du Canada.

Dans sa réponse datée du mois de juillet — après l’échéance fixée par l’OTC — le transporteur a précisé qu’il implanterait les nouvelles règles sur seulement l’un des trois types trains qui assurent la liaison entre Québec et Windsor.

Via Rail avait expliqué que le couple faisait seulement ce trajet, ajoutant qu’il ne serait pas possible d’appliquer cette règle à tous les trains.

L’OTC a rejeté cette approche.

«Cela (…) est incohérent avec l’ordre de l’Office. Alors que VIA parle d’une « série de problèmes qui font que l’application de cette politique est impossible ailleurs », il n’a pas expliqué ce qu’étaient ces problèmes, ni clarifié ce qui serait une contrainte excessive. Considérant tout ce qui est énuméré ci-haut, l’Office conclut que la politique révisée ne se conforme pas à l’ordre», a-t-elle écrit.

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