MONTRÉAL — Les changements climatiques risquent de bouleverser les activités des stations de ski dans les prochaines années si elles ne font rien pour s’adapter. La bonne nouvelle, selon des chercheurs, c’est qu’elles sont réceptives à modifier leurs pratiques pour rentabiliser leurs activités, qui génèrent chaque année plus de 800 millions $ au Québec.

«Les stations de ski sont actives par rapport à l’adaptation. Elles ont plein d’autres choses à penser, mais les changements climatiques, elles les voient, elles les sentent et elles sont là pour s’adapter», a déclaré en entrevue avec La Presse canadienne Katherine Pineault, économiste au collectif scientifique Ouranos, qui tient ces jours-ci son congrès annuel.

Lors d’une conférence, Mme Pineault et ses collègues ont fait état des nombreux défis que devront affronter les stations de ski québécoises dans les prochaines années.

Son équipe réalise en ce moment une étude auprès de trois stations de ski dans les Cantons de l’Est pour déterminer les impacts des changements climatiques sur leurs activités s’ils ne font rien et développer des stratégies pour qu’ils s’adaptent.

La pluie et les redoux de température que les hivers québécois ont récemment connus se reproduiront à l’avenir, ce qui cause des inconvénients pour l’entretien des pistes et la fréquentation.

D’ici 2050, les spécialistes prévoient que les stations de ski mal préparées aux changements climatiques devront repousser leur date d’ouverture dans l’année et fermer certaines pistes.

Dans ce scénario, la période des Fêtes ne devrait pas être «terriblement menacée», mais il se peut que certaines stations ouvrent leurs portes tout juste avant et que quelques pistes soient fermées dans ces semaines-là, a expliqué Mme Pineault.

Mais toutes ces prédictions sont élaborées dans l’éventualité où les stations de ski ne seraient pas réceptives à s’adapter, ce qui n’est pas le cas, a soutenu Mme Pineault.

«On a trois stations de ski partenaires, mais on est aussi partenaires avec l’Association des stations de ski du Québec, qui représente toutes les stations de ski au Québec et ils sont très, très actifs dans la compréhension du problème, l’adaptation et les mesures d’adaptation», a-t-elle expliqué.

Plusieurs solutions à examiner
Les chercheurs proposent aux stations plusieurs avenues pour modifier leurs pratiques et ne pas trop affecter leurs coûts d’opération.

D’abord, elles peuvent continuer avec le même modèle d’affaires, mais en augmentant les ressources lorsqu’elles en ont besoin. Par exemple, elles pourraient choisir d’ouvrir pendant les soirs — comme bon nombre le font déjà —, et si elles ont besoin de plus de neige, elles utiliseront plus de canons pour satisfaire à la demande.

Les chercheurs suggèrent par ailleurs aux stations de diversifier leur offre pour que les clients puissent aller sur leur site même lorsque les pistes ne sont pas utilisables. Les skieurs déçus pourraient donc se rabattre sur la randonnée, la raquette ou la glissade sur tube, notamment.

D’autres initiatives pourraient être mises de l’avant pour attirer plus de clientèle. Mme Pineault proposait entre autres de faciliter le transport en commun des centres urbains vers les stations.

L’économiste n’a pas voulu s’avancer pour l’instant à savoir si les stations de ski seront aussi lucratives même en apportant ces modifications.

«Je ne suis pas encore rendue là dans l’analyse, mais il y a certainement des mesures qui sont rentables», a-t-elle soutenu.

Les stations de ski du Québec en chiffres:

  • 6: Plus de 6 millions de skieurs ont fréquenté les stations pendant la saison 2016-2017, ce qui est considéré comme un succès par l’industrie, puisqu’il s’agit d’une hausse de 16 pour cent par rapport à l’année précédente.
  • 20: C’est le pourcentage de la clientèle qui provient de l’extérieur du Québec, selon une récente étude de l’Association des stations de ski du Québec.
  • 12 000: C’est le nombre d’emplois directs liés aux activités des stations de ski au Québec.

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