Nick Ut Nick Ut / The Associated Press

OTTAWA – Les ménages canadiens sont encore plus endettés qu’on ne le croyait, a indiqué lundi Statistique Canada au terme d’une révision de ses données qui permettent de dresser un portrait plus précis des finances des familles canadiennes.

Selon les nouveaux chiffres de l’agence gouvernementale, la dette des ménages sur le marché du crédit est passée à 163 pour cent du revenu disponible au deuxième trimestre, soit bien au-dessus de son niveau précédent de 152 pour cent, même si ces deux niveaux ne permettent plus de comparaison directe.

Les nouvelles données retirent les institutions à but non lucratif de la catégorie des ménages, ce qui permet de calculer avec plus de précision les finances des ménages.

La révision montre combien la croissance de la dette des ménages pendant la dernière décennie «est sinistrement similaire à l’expérience aux États-Unis, juste avant l’éclatement de la bulle immobilière», a observé David Madani, analyste pour Capital Economics.

«Dans l’ensemble, cela appuie notre point de vue voulant que le boom immobilier au Canada est insoutenable et qu’une éventuelle correction, que nous croyons déjà en vigueur, devrait avoir des implications négatives pour la croissance», a-t-il poursuivi.

La révision montre une croissance bien plus prononcée de la dette, qui a pris de l’importance à chacun des six derniers trimestres.

Les nouvelles données comprenaient malgré tout leur part de bonnes nouvelles.

En effet, les Canadiens détiennent plus d’actifs qu’on ne l’avait d’abord cru, leur valeur nette par habitant ayant grimpé de 7900 $ pour atteindre 190 200 $, essentiellement grâce à une nouvelle méthode de calcul de la valeur des actions non cotées en Bourse.

L’économiste Diana Petramala, de la Banque TD, croit néanmoins que les résultats montrent, dans l’ensemble, combien les ménages canadiens sont plus vulnérables à une correction du marché immobilier qu’on le croyait jusqu’à maintenant.

Parce que les Canadiens détiennent plus d’actifs que leurs voisins américains et que les habitants du Royaume-Uni avant la crise, et parce que la plupart de ces actifs se trouvent dans la valeur de leurs maisons, ils pourraient souffrir d’une correction immobilière ou d’un plongeon de l’économie.

Au plus fort de la bulle immobilière des États-Unis en 2007, le ratio d’endettement des ménages des Américains a atteint le sommet de 170 pour cent.

Des analystes notent tout de même que le marché immobilier du Canada repose sur de meilleures assises que ce n’était le cas au sud de la frontière.

Les Canadiens sont plus susceptibles de détenir une plus grande valeur nette dans leurs propriétés immobilières et plusieurs de leurs hypothèques sont garanties par le gouvernement fédéral par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. En outre, les prêts hypothécaires à risque ne représentent qu’un faible pourcentage de l’ensemble des prêts.

À quatre reprises en autant d’années, Ottawa a resserré les règles hypothécaires pour éloigner les acheteurs marginaux du marché. Sa dernière mesure à cet égard remonte à août.

Des observateurs ont attribué le ralentissement récent de l’activité de revente de maisons au plus récent changement imposé par Ottawa, qui a fait grimper les paiements mensuels pour les premiers acheteurs assurés.

L’Association canadienne de l’immeuble a révélé lundi que les ventes de maisons existantes avaient diminué de 15,1 pour cent en septembre par rapport au même mois l’an dernier, même si les chiffres du mois dernier étaient un peu plus élevés que ceux du mois d’août.

L’économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal, dit croire que la tendance annonce un atterrissage en douceur du marché de l’habitation, et non un écrasement.

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