THE CANADIAN PRESS Véronique Hivon et Jean-Francois Lisée

MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, ne veut pas répéter les erreurs de la campagne électorale péquiste de 2014, a-t-il déclaré dimanche.

«Ce n’était pas la meilleure campagne de l’histoire du Parti québécois», a laissé tomber le chef.

Son arme secrète pour ne pas tomber dans le piège des élections précédentes ?

«J’ai un petit livre, sur les leçons de la campagne de 2014, a-t-il dit. C’est un petit livre, mais il y a beaucoup de choses dedans», a dit le chef un peu à la blague, mais réaliste, le jour de son investiture dans sa circonscription de Rosemont.

Il dit consulter le livret de temps en temps pour être sûr de ne pas faire les mêmes erreurs, et d’ailleurs, «plutôt son contraire».

Il n’a pas voulu préciser sa pensée sur les problèmes de stratégie de la précédente campagne de son parti, alors dirigé par la chef Pauline Marois. Interrogé à savoir s’il s’agissait de la promesse de souveraineté, il a rétorqué en riant: «non, il y a plein de choses».

Plusieurs observateurs de la scène politique avaient attribué en partie la défaite électorale du PQ à la «Charte des valeurs québécoises», mal reçue par une partie de la population. M. Lisée avait lui-même été critique de la Charte après la défaite électorale.

Le PQ, porté au pouvoir aux élections de 2012, après avoir obtenu 54 sièges, était retourné avec 30 députés sur les banquettes de l’opposition après le scrutin du 7 avril 2014.

M. Lisée n’avait pas non plus remporté de façon décisive son siège en 2014 — n’obtenant que 34 pour cent des voix par rapport à son plus proche opposant, le libéral, qui en avait eu 30 pour cent.

L’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, présent pour l’investiture de M. Lisée, a dit qu’un point fort de cette campagne par rapport à celle de 2014 est d’avoir une position plus claire sur la souveraineté. M. Lisée promet de ne pas tenir de référendum au cours d’un premier mandat, mais a dressé une liste d’actions à accomplir pour bien ouvrir la voie à l’indépendance.

M. Duceppe trouve que la campagne péquiste se porte bien: «Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de bourde du PQ alors qu’on en a vu dans d’autres partis». Il faisait allusion notamment au cafouillage de Québec solidaire sur l’anglais comme langue officielle du Québec, et les changements de parti de candidats caquistes et libéraux.

Mais la campagne péquiste est-elle trop prudente pour un parti qui traîne en troisième place dans les sondages?

«On est au départ, juge M. Duceppe. Les campagnes changent beaucoup maintenant». Donnons-leur du temps, a-t-il conclu.

Investitures dans Rosemont et Joliette

M. Lisée a été investi en matinée dans sa circonscription, et Véronique Hivon, la vice-chef du parti, l’a été dimanche après-midi. Ce n’était qu’une formalité, puisque personne ne se présentait contre eux à l’investiture.

Le chef péquiste a dit en matinée ne pas être inquiet de délaisser un peu sa campagne nationale pour passer du temps avec les citoyens de sa circonscription. Il s’est d’ailleurs dit prêt à participer à un débat avec son principal adversaire pour le moment, qui semble être Vincent Marissal de Québec solidaire (QS). Cette joute devrait avoir lieu le 11 septembre.

M. Lisée a même paru surpris d’entendre qu’il était inhabituel pour un chef de débattre avec un candidat local. Il doit bien cela aux citoyens de Rosemont, a-t-il rétorqué. Ce sera une vraie bataille dit-il, car il ne faut rien tenir pour acquis.

À Joliette, l’investiture a pris des allures de réel hommage à Véronique Hivon.

Des militants enthousiastes ont confié à quel point la vice-chef est un atout pour M. Lisée.

«Ils se complètent très bien l’un et l’autre. C’est le mix parfait. C’était une idée de génie», a déclaré la militante Chantal Latour. Elle a un charisme incroyable et ça nous amène vers M. Lisée et on le découvre favorablement. Il est génial lui aussi, a-t-elle expliqué.

Annonces modestes pour le PQ?

Le chef de la formation politique s’est aussi défendu de n’avoir présenté que des mesures plutôt modestes jusqu’à maintenant, par rapport aux campagnes libérale et caquiste. Selon lui, ce n’est pas parce qu’une proposition péquiste ne videra pas les coffres de l’État qu’elle ne peut pas avoir un réel impact dans la vie des Québécois.

«On veut être des gestionnaires efficaces de l’État. On veut être à la fois généreux (comme pour l’abolition de la ‘taxe famille’ et l’ajout de place en CPE ) et responsables».

Et puis, il y a de petites mesures qui ne coûtent pas grand-chose, mais qui ont un gros impact, a renchéri la vice-chef Véronique Hivon.

La veille, M. Lisée avait raillé des propositions de la Coalition avenir Québec (CAQ), qu’il disait fondées sur «de l’argent imaginaire».

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