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Michelle Blanc raconte son exil intérieur

Photo: Yves Provencher/Métro

La transsexuelle la plus célèbre du Québec publie mercredi sa biographie. Sous la plume de Jacques Lanctôt on découvre notamment, dans Michelle Blanc, un genre à part, son passé mouvementé.

Digne d’Hollywood
Qui eût cru qu’avant d’être une femme, Mme Blanc était un Don Juan qui multipliait les conquêtes féminines. Ce fut aussi pendant trois ans un militaire capable de tuer un homme à mains nues. Mais depuis tout jeune, Michel avait un secret : il adorait se travestir. Un secret si bien gardé qu’il a même surpris sa famille quand il est sorti du placard, début 2008, à l’âge de 46 ans. Du pain béni pour un scénariste d’Hollywood.

«Un réalisateur et producteur proche de Sean Penn est intéressé par mon histoire. Je me verrais bien jouée par Charlize Theron», rigole la consultante en stratégie web.

Les scientifiques ne s’entendent pas
«Michel ne se travestit pas sous une pulsion sexuelle […] il s’identifie à la femme, cet être socialement et biologiquement différent», écrit Jacques Lanctôt. Après une profonde dépression, le diagnostic tombe, Michelle souffre d’une dysphorie d’identité de genre dont le traitement le plus valable passe par un changement de sexe. Certains scientifiques abordent la question sous l’angle pathologique, voire psychiatrique.

D’autres étudient l’hypothèse que ce soit plutôt une condition présente à la naissance, indique Mme Blanc. «Il semble qu’à la septième semaine de grossesse, un influx hormonal déficient au fœtus fait en sorte que lors de la différenciation sexuelle, la morphologie devient mâle, mais le cerveau reste femelle.»

Avancées et reculs
Après un long processus, un chirurgien lui a construit un vagin avec différentes parties de son pénis. Une opération de 25 000 $, désormais remboursée par l’État, qui lui permet d’avoir des orgasmes vaginaux ou clitoridiens, et même des vaginites!

Le reste – séances d’électrolyse et d’épilation au laser pour éliminer les poils, orthophoniste pour travailler sa voix, augmentation mammaire, chirurgie de féminisation faciale, changement de nom et de garde-robe a été payé de sa poche et avoisine les 50 000 $. Sans parler des 1 500 $ que coûteront chaque année ses traitements hormonaux. «Le plus frustrant, c’est que notre identité n’est pas bien reconnue au sens de la loi. Donc, si tu perds ta job parce que tu changes de sexe, c’est difficile d’attaquer ton employeur», dénonce Mme Blanc.

 

AJOUT : Précision d’une lectrice avertie

«Depuis 1998, une décision a été rendue par le Tribunal des droits de la personne (donc une jurisprudence existante) à l’effet que le motif « SEXE » faisant partie des motifs de discrimination inscrit dans la Charte des droits et libertés de la personne (incluant l’état de transsexualisme, ainsi que la personne qui est en processus de transition). Le tribunal reconnaissait qu’une Maison de jeunes avait porté atteinte aux droits de la partie plaignante (un homme en processus de transition) d’être traitée en toute égalité, en mettant fin à son contrat de travail à titre de travailleur de rue, pour la raison qu’elle s’était engagée dans un processus de changement de sexe. En cas de discrimination, vous  pouvez porter plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.» – Monik Audet.  

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