MONTRÉAL – Un des dirigeants d’une section locale de la FTQ-Construction, Éric Boisjoly, vient d’être reconnu coupable d’avoir usé d’intimidation ou de menace dans le but de ralentir un chantier de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, en 2010.

La Cour du Québec l’a reconnu coupable, mais la sentence n’a pas encore été prononcée. Et la FTQ-Construction a indiqué à La Presse Canadienne, mercredi, que l’organisation syndicale contesterait «fort probablement» la décision du tribunal.

Les faits remontent à la fin de l’été 2010, lors des négociations en vue du renouvellement des conventions collectives. Dans certains métiers, des syndicats avaient recours à des moyens de pression, notamment le refus d’effectuer des heures supplémentaires.

Un grutier qui travaillait sur un chantier de poste électrique à Rivière-au-Renard, en Gaspésie, s’était plaint à la Commission de la construction d’avoir été empêché de faire des heures supplémentaires tel que prévu. Il travaillait selon un horaire comprimé de 10 heures par jour.

M. Boisjoly, qui était alors directeur de la section locale 791-G, celle des grutiers, avait demandé au copropriétaire d’une entreprise de grues que les ouvriers ne fassent pas d’heures supplémentaires. Selon la preuve entendue, le syndicaliste aurait affirmé à l’employeur qu’il n’avait pas toujours le contrôle de ses gars et qu’il y avait alors danger «que la grue vire à l’envers».

C’est donc l’employeur lui-même qui a demandé à son grutier de cesser de travailler à 15h30 et de ne plus faire d’heures supplémentaires. L’employeur a affirmé au tribunal qu’il a agi ainsi pour ne pas avoir de problèmes et pour maintenir sa réputation.

Pour sa défense, M. Boisjoly a affirmé qu’il ne se souvenait pas d’avoir utilisé l’expression «coucher une grue» ou la «virer à l’envers». Il a soutenu que de toute façon, cela ne constituait pas une menace, à ses yeux, mais que cela faisait partie du «jargon de négociation» qui signifie «arrêter de travailler» ou «faire des moyens de pression». Il a assuré qu’il n’a jamais été question de briser quoi que ce soit ou de faire de tort à qui que ce soit.

La défense a aussi fait valoir que l’employeur avait tout simplement fait de la prévention en demandant lui-même à son grutier de cesser de travailler à 15h30, parce qu’il avait eu peur pour son équipement et qu’il avait voulu éviter les problèmes.

Le tribunal n’a pas cru la version de M. Boisjoly, qu’il qualifie d’«invraisemblable». Il le déclare coupable d’avoir usé d’intimidation ou de menace, entre le 30 août et le 4 septembre 2010, dans le but de provoquer une entrave, un ralentissement ou un arrêt des activités sur un chantier, en contravention de la loi.

La FTQ-Construction n’a pas voulu commenter la décision, mais son porte-parole, Merlin Trottier-Picard, a indiqué que l’organisation syndicale allait «fort probablement la contester».

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