Archives Métro Bernard Drainville, Sylvain Gaudreault.

QUÉBEC – Grand favori dans la course à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau s’est rapproché d’un couronnement, mercredi, avec le ralliement de son adversaire Bernard Drainville, qui souhaite ainsi éviter un affrontement trop dur avec lui.

M. Drainville a annoncé qu’il rendait les armes lors d’une conférence de presse où il a constaté l’avance insurmontable de M. Péladeau, actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor.

«J’ai tout donné et mon équipe a tout donné, a-t-il dit. Mais il faut se rendre à l’évidence, dans les dernières semaines, le vote s’est cristallisé. Et Pierre Karl a rassemblé derrière lui une nette majorité. Continuer la course en sachant ça, ça n’aurait aucun sens.»

Ce ralliement est un revirement inattendu, alors que jeudi dernier lors d’un débat des candidats, M. Drainville mettait en garde les militants contre la tentation de céder au «mirage» que M. Péladeau serait le «sauveur» du PQ.

En répondant aux questions des journalistes, mercredi, M. Drainville s’est défendu d’avoir lui-même succombé au mirage que représente M. Péladeau.

«Ce que j’ai dit au débat de Québec, c’est que l’idée de se raccrocher à un sauveur, c’est un mirage, a-t-il dit. Et Pierre Karl a toujours dit pendant toute la campagne qu’il ne se prend pas pour un sauveur et qu’il n’est pas un sauveur.»

M. Drainville a aussi changé son fusil d’épaule, durant sa conférence de presse, un peu plus d’une semaine après avoir prédit que M. Péladeau serait incapable de se faire élire au premier tour de scrutin des militants, prévu le 15 mai.

«J’en viens à la certitude que Pierre Karl va gagner au premier tour par un très, très fort appui et donc ce que je fais aujourd’hui, je le fais pour l’unité du parti», a-t-il dit.

Selon M. Drainville, le dernier débat à Québec, jeudi dernier, a été marquant concernant les appuis à M. Péladeau, qu’il avait soupçonné de réclamer un chèque en blanc avec sa stratégie référendaire.

«J’ai eu des réactions positives à la suite de ce débat-là, mais j’ai eu aussi beaucoup de réactions de membres qui m’ont dit: ‘Bernard, va pas là. Ce qu’on souhaite, c’est l’unité du parti’», a-t-il dit.

Les chiffres des sondages internes de son équipe ont ensuite démontré que M. Péladeau récolte plus de la moitié des appuis des militants, ce qui a incité M. Drainville, lundi, à décider de se rallier au favori.

«Pour continuer, il aurait fallu mener une campagne dure, une campagne trop dure, a-t-il dit. (…) J’ai commencé à réfléchir à la possibilité de me rallier et puis cette décision, je l’ai prise finalement lundi soir.»

Au cours de la campagne, M. Drainville a insisté à de nombreuses reprises sur la manque d’expérience politique de M. Péladeau, qui a été élu pour la première fois l’an dernier.

Lors d’un point de presse, M. Péladeau a accueilli l’appui de M. Drainville et celui de cinq des sept députés qui passent également dans son camp.

«Avec Bernard, il y avait énormément de parallélisme et de similarités dans nos programmes, a-t-il dit. C’est très important aussi de souligner mon estime, le respect que j’ai à son endroit parce que c’est un homme qui s’est tenu debout dans des situations qui ne sont pas toujours faciles. Indéniablement, je pense qu’avec tous les députés qui l’accompagnent, c’est un enrichissement énorme pour notre équipe.»

Durant les échanges entre les deux anciens adversaires, M. Drainville a souvent critiqué le flou de la stratégie référendaire de M. Péladeau, qui veut attendre à la veille de la prochaine élection de 2018 pour décider si un référendum serait possible dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste.

M. Drainville, qui lui aussi croit qu’il faut attendre jusqu’en 2018, a déclaré mercredi qu’il se ralliait à M. Péladeau après avoir obtenu du favori l’engagement de consulter formellement les militants, six mois avant le prochain scrutin général.

Le député de Marie-Victorin n’a pas voulu dire si la voix des militants devra être déterminante ou si la décision finale reviendra à M. Péladeau.

«Il va nous donner son point de vue Pierre Karl, c’est le chef, a-t-il dit. Alors il va nous donner son point de vue et il va avoir évidemment un point de vue très important dans la décision qui sera prise. Mais ce que j’aime dans son attitude, c’est qu’il accepte de partager cette décision avec tous les membres du parti.»

Mercredi, M. Péladeau n’a pas donné de détails sur le pouvoir que les militants auront sur l’échéancier référendaire du PQ, un débat qui avait pourtant été présenté comme secondaire au dernier conseil national.

Les deux anciens adversaires ont également convenu de la nécessité d’une stratégie pour éliminer la consommation de pétrole au Québec d’ici 2050 grâce aux énergies renouvelables et de garantir les hausses salariales pour les enseignants et les infirmières.

Parti en queue de peloton et maintenant crédité d’une deuxième place dans les sondages, à bonne distance de M. Péladeau, le candidat Alexandre Cloutier a affirmé qu’il maintient le cap d’ici au scrutin du 15 mai, à Québec, qui sera précédé de deux derniers débats, à Rimouski et Montréal.

«La force de M. Péladeau s’est manifestée initialement lors de sa candidature, pensez-vous que ça m’a arrêté? Pas une seconde et quart, a-t-il dit. Moi ce que je constate, c’est une progression.»

Tout comme M. Cloutier, une autre candidate, Martine Ouellet, croit toujours qu’un deuxième tour de scrutin sera nécessaire pour le choix du prochain chef. Mme Ouellet a rejeté les chiffres de M. Drainville.

«Bernard la semaine dernière a lancé l’idée d’un deuxième tour, a-t-elle dit. Aujourd’hui il change d’idée, il prend la décision de se retirer, mais très clairement nos chiffres de la semaine passée et de cette semaine sont en continuité, il n’y a pas eu de rupture.»

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