Paul Chiasson Robert Abdallah. Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – L’ex-directeur général de la Ville de Montréal Robert Abdallah nie en bloc et avec véhémence les allégations de Lino Zambito le visant, qui ont été entendues lors des audiences de la Commission Charbonneau.

«Le 2 octobre à la Commission Charbonneau, le témoin M. Lino Zambito a tenu des allégations complètement fausses et diffamatoires à mon égard», a-t-il lancé d’entrée de jeu lors d’une conférence de presse, jeudi à Montréal.

M. Abdallah s’est présenté devant les médias avec une liasse de documents qui démontrent, selon lui, qu’il n’avait pas pu intervenir pour obliger l’utilisation de certaines technologies afin d’obtenir des avantages financiers en marge d’un contrat réalisé par M. Zambito pour la Ville.

M. Abdallah s’est dit prêt à ouvrir ses comptes bancaires pour faire la preuve qu’il n’a jamais touché les 300 000 $ que M. Zambito prétend qu’il a reçus.

«Il est où le 300 000$? Il dit que quelqu’un lui a dit que quelqu’un lui a dit qu’il y a 300 000 $ qui va à Robert Abdallah», a affirmé M. Abdallah.

«Je mets au défi quelqu’un de venir me dire et de me regarder et affirmer avec des preuves qu’il m’a donné une ‘cenne’. Pas juste lui, n’importe qui!» a ajouté l’ancien directeur général, qui avait du mal à contenir sa colère.

Plus encore, il a soutenu n’avoir jamais influencé quelque contrat que ce soit parce qu’il occupait une position trop élevée dans la fonction publique municipale pour s’occuper de détails comme ceux évoqués par Lino Zambito.

M. Abdallah a précisé n’avoir jamais rencontré ou parlé à Lino Zambito de sa vie, indiquant qu’il ne le connaissait pas du tout et ne l’avait jamais vu avant que ce dernier ne fasse son apparition devant la Commission Charbonneau.

Il a toutefois reconnu être un ami de longue date de l’entrepreneur Tony Accurso, de qui il a obtenu le poste de président de la firme de construction Gastier, une filiale du groupe dirigé par M. Accurso. Mais là encore, il s’est défendu d’avoir été en conflit d’intérêts, rappelant qu’il avait quitté la Ville en juin 2006 et accepté le poste seulement en novembre 2008.

«C’est deux ans et demi. C’est beaucoup plus que n’importe quel code d’éthique (ne) permet. Il va falloir qu’on arrête de dire ‘il a quitté la Ville pour aller là’», a-t-il lancé.

Par ailleurs, il a rejeté du revers de la main les allégations voulant qu’il ait bénéficié d’une forme de trafic d’influence, allégations selon lesquelles l’ex-attaché de presse du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, et le sénateur Léo Housakos seraient intervenus pour l’aider à obtenir le poste de président-directeur général du Port de Montréal.

M. Abdallah a d’une part nié la chose tout en faisant valoir que le résultat démontrait à sa face même l’absurdité de cette affirmation, puisqu’il n’a pas obtenu ce poste.

«J’ai jamais demandé ni à M. Soudas ni à M. Housakos quoi que ce soit d’intervenir sur ce dossier. Jamais. On est en train de chercher un cadavre qui n’existe pas. J’ai appliqué sur un poste, je n’ai pas eu le poste», a-t-il dit.

M. Abdallah n’a pas voulu dire comment il entendait s’y prendre pour rétablir sa réputation, mais a laissé entendre que ses procureurs étudiaient la possibilité d’intenter des recours.

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