MONTRÉAL – Tout indique que le pied et la main retrouvés à Vancouver, mardi, sont ceux de l’étudiant d’origine chinoise Jun Lin, qui a vraisemblablement été assassiné et démembré par Luka Rocco Magnotta.

«Il s’agit des mêmes membres qu’on recherchait, donc pied droit et main droite. Deuxièmement, on sait aussi que cela a été expédié en partance de Montréal», a expliqué mercredi le commandant Ian Lafrenière, du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

«Nous avons toutes les raisons de croire que c’est relié à notre dossier du 11e homicide», a-t-il ajouté.

Le commandant Lafrenière n’était toutefois pas en mesure d’offrir une confirmation absolue puisqu’il faudra attendre les résultats de tests d’ADN avant d’avoir une telle certitude.

Les policiers de Vancouver achemineront les éléments de preuve à Montréal.

Le commandant Lafrenière a par ailleurs confirmé que des notes accompagnaient les deux membres expédiés dans des écoles primaires de la région de Vancouver, comme cela avait été le cas avec les deux envois postaux d’Ottawa, mais il n’a donné aucun détail sur le contenu de ces notes.

Par ailleurs, la tête de Jun Lin n’a toujours pas été retrouvée.

Les policiers se perdent en conjectures quant au choix des destinataires.

«Pourquoi ç’a été expédié dans ces deux écoles? Est-ce qu’il les connaissait? Est-ce qu’il les ciblait? C’est à vérifier. Deux parties du corps ont aussi été envoyées à Ottawa et il n’y a aucun lien entre lui (Magnotta) et Ottawa. Ça nous laisse perplexes», a reconnu le commandant Lafrenière.

Un premier colis contenant une main a été découvert mardi, vers 13 h, à l’école primaire False Creek, tout juste au sud du centre-ville de Vancouver. Moins d’une heure plus tard, un pied a été trouvé par des membres du personnel de l’école St. George, une institution privée réservée aux garçons, dans le secteur ouest de Vancouver.

La semaine dernière, un pied avait été acheminé aux quartiers généraux du Parti conservateur du Canada, tandis qu’une main, qui devait être envoyée aux bureaux du Parti libéral du Canada, avait été interceptée par des employés de Postes Canada.

Luka Rocco Magnotta, l’homme soupçonné de ce sordide meurtre, doit être extradé de l’Allemagne, où il a été arrêté lundi. Les procédures devraient s’avérer assez rapides puisqu’il n’a pas contesté la demande d’extradition canadienne, mais cela n’inquiète pas le SPVM outre mesure.

«Ça prendra le temps que ça prendra, a dit le commandant Lafrenière. Pour nous il n’y a pas d’urgence. Il est présentement détenu. Notre enquête continue d’avancer.»

Pendant ce temps, les parents de la victime sont arrivés à Montréal sous la protection du consulat chinois, afin de s’occuper des pénibles procédures qui seront requises pour le rapatriement de la dépouille de leur fils dans son pays d’origine. La SPVM entend toutefois leur donner tout le répit possible.

«Ils ont vécu un épisode de leur vie qui est horrible. Présentement ils sont sur place. Nous allons tout faire pour les protéger, faire en sorte qu’ils ne soient pas importunés, qu’ils aient de l’aide», a expliqué Ian Lafrenière.

Le policier a par ailleurs déploré la présence persistante sur le Web des images du crime horrible dont est soupçonné Magnotta.

«Il y a des vidéos qui ont fait surface sur différents sites Web, entre autres un site d’Edmonton. (…) On verra s’il y a des accusations criminelles de portées. Cependant, dès qu’on réussit à enlever une de ces vidéos, elle refait surface ailleurs», a dit le porte-parole du SPVM.

Le commandant Lafrenière s’est également montré très irrité par la découverte d’un pied mercredi matin, dans l’ouest de Montréal. La découverte a créé un certain émoi jusqu’à ce que l’on constate qu’il s’agissait en fait d’un article d’effets spéciaux de cinéma d’allure très réaliste.

«C’est une blague de très mauvais goût», a-t-il laissé tomber sur un ton qui en disait long.

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