Marc-André Carignan Les bandes de peinture ne protègent pas les cyclistes d’une collision avec une voiture et n’empêchent pas les automobilistes de s’y stationner.

Avec l’été qui cogne à nos portes, le bonheur, pour moi, ce n’est pas compliqué: c’est de pouvoir rouler à vélo tous les jours.

Comme je ne suis pas un courageux cycliste hivernal, la période d’hibernation de mon vélo me semble parfois interminable. Mais dès la fonte des neiges, me voilà de retour sur ma bécane, à sillonner les rues de la métropole.

Le problème, c’est que ce bonheur sur deux roues n’est pas évident à cultiver à Montréal, particulièrement quand la sécurité des cyclistes est constamment en péril. J’ai beau porter un casque et respecter les arrêts obligatoires, le danger est partout, étant donné que les cyclistes montréalais ne sont toujours pas pris au sérieux par une majorité d’élus.

Le plus récent palmarès de Copenhagenize, l’index par excellence des villes les plus «vélo-friendly» de la planète, nous l’a d’ailleurs rappelé à la dure pas plus tard qu’il y a deux semaines. Depuis des années, notre métropole roule sur l’accotement quant au développement de son réseau cyclable, comparativement à plusieurs autres villes nord-américaines.

En d’autres mots, Montréal peut oublier son titre de capitale du vélo tant que l’administration municipale ne se munira pas d’un véritable plan d’action (et d’un budget!) pour améliorer significativement le partage de la route sur l’ensemble de l’île, à l’instar de Portland, de New York et de Washington.

Montréal ne sera jamais pris au sérieux en tant que ville respectueuse de ses cyclistes tant qu’il n’y aura pas de réseaux cyclables nord-sud et est-ouest sécurisés, sans interruption et synchronisés aux feux de circulation.

ViaducMontréal ne sera jamais un leader tant qu’on continuera à investir dans la peinture blanche pour créer de pauvres bandes cyclables qui, disons-le, ne valent pas grand-chose. Ces dernières contribuent à peine à freiner l’emportiérage, ne nous protègent aucunement des véhicules qui nous frôlent à 50km/h et n’empêchent pas les automobilistes de s’y stationner pour attendre leur douce moitié, en file, à l’épicerie ou au guichet automatique.

Difficile également d’être pris au sérieux quand une cycliste meurt sous un viaduc et qu’un plan d’action permanent pour sécuriser les viaducs des environs se fait toujours attendre, un an plus tard. Permettre aux cyclistes de rouler sur les trottoirs étroits, en zigzaguant entre les piétons, ne démontre pas beaucoup de volonté. À l’interne, on me confirme que la Ville réfléchit toujours à des mesures plus «durables», mais qu’il serait surprenant de voir des changements sur le terrain avant deux, voire trois ans.

À quand un réseau cyclable qui se respecte? En favorisant la pratique du vélo, on arriverait peut-être à réduire l’obésité, à faire bouger nos jeunes, à améliorer la qualité de l’air et, surtout, à rentabiliser BIXI en lui procurant davantage d’adeptes.

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