Isabelle Bergeron / TC Media Frédéric Bélanger-Lacourse et Chantale Malbœuf gèrent deux ateliers de façonnage où on produit des vêtements et de la maroquinerie pour des marques haut de gamme.

Le secteur Chabanel-l’Acadie change de vocation grâce aux artisans qui ont décidé de s’y installer. Il y a deux ans, Chantale Malbœuf s’est lancée dans l’aventure de la haute couture. Un succès visible aujourd’hui qui n’a bénéficié que de peu de soutiens public.

L’atelier de couture de Chantale Malbœuf baigne dans la lumière qui envahi les lieux par de grandes baies vitrées. «On n’a pas l’impression qu’on entre dans un atelier de couture n’est-ce pas?», plaisante-t-elle. Pourtant les mannequins, les machines à coudre, les grandes tables et les coupons de tissus ne laissent planer aucun doute quant à la vocation des lieux

L’Atelier à façon, occupe aujourd’hui un imposant espace ouvert de 1800 pieds carrés.

À l’air de la délocalisation à tour de bras, cette entrepreneure a relevé le défi de produire des vêtements entièrement fabriqués à Montréal. Elle a tôt fait de convaincre Frédéric Bélanger-Lacourse d’ouvrir un atelier de maroquinerie de luxe avec elle.

«On a débuté à quatre, y compris moi. Il y a aujourd’hui chez nous 21 ouvriers et ouvrières», annonce-t-elle fièrement.

Mme Malbœuf est une professionnelle qui cumule 12 années d’expérience auprès de griffes françaises réputées. Sa première expérience Montréalaise, elle l’a obtenu chez Marie Saint-Pierre, maison de haute couture qui a également pignon sur rue à Chabanel.

Des clients exclusifs
«Aujourd’hui, au moins 50 % de ce que nous produisons en vêtements, c’est pour Marie Saint-Pierre», explique-t-elle. Elle reconnaît avoir eu un parcours idéal. Elle a créé son emploi en prenant le marché dont avait besoin son ancien employeur.

Ce qui sort des ateliers c’est du haut de gamme. «Nous faisons très peu de pièces pour chaque modèle», indique Mme Malbœuf .

Pourtant, on ne chôme pas dans l’atelier. «Je ne réponds plus au téléphone, j’ai atteint les limites concernant les commandes.»

Manque d’appui
Mais un tel succès n’a bénéficié que de rares soutiens. «J’ai reçu une bourse de 5000$ de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Ahuntsic-Cartierville en 2014, dit-elle. Dayan, le propriétaire des locaux a été aussi de bons conseils.» Mais en dehors de cela, elle indique avoir du mal à obtenir une marge de crédit auprès des banques.

«J’ai mis toutes mes économies là-dedans et j’ai demandé à tous les membres de ma famille de m’aider et chaque fois que je me fais un salaire il est réinvesti dans l’Atelier.»

L’autre obstacle rencontré par les deux entrepreneurs, le recrutement de personnel qualifié. Le travail nécessite des compétences pointues. «Nous sommes obligés de recourir à l’étranger et payer les visas pour nos employés», se désole Mme Malbœuf.

«On forme aussi nos propres employés, parfois on prend des finissants du Centre des Métiers du Cuir de Montréal où j’enseigne aussi», précise M. Bélanger-Lacourse. Une annonce pour le recrutement d’un coupeur tourne depuis deux ans, sans succès.

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