Photo: Jacques Pharand Lorraine Decelles, coordonnatrice à la Maison d’Aurore depuis 20 ans. (Photo: Alarie Photos)

La Maison d’Aurore, rue Garnier, célèbre ses 35 ans d’écoute et d’engagement auprès de la communauté du Plateau-Mont-Royal. Survol historique d’un centre de regroupement et d’action communautaire qui traite ses citoyens aux petits oignons.

Depuis1976, la Maison d’Aurore offre plusieurs services aux résidents du Plateau. Accueil individuel, écoute, support, réseau d’entraide aux aînés, cuisines collectives, repas communautaires et mobilisation citoyenne sont proposés aux citoyens désireux de s’impliquer dans leur communauté. Le Plan d’action pour un Quartier Vert, actif et en santé du Plateau-Est, qui contient une cinquantaine de propositions visant à favoriser les déplacements à pied et à vélo de manière sécuritaire et conviviale, est l’une des plus récentes réalisations de la Maison d’Aurore.

C’est dans l’ancien dépanneur de Mme Aurore St-Laurent, rue Rivard, que l’aventure débute. À l’époque, Marcel Viau, étudiant en théologie, y organise des groupes de discussion autour « des distants de l’église », cherchant à cerner les nouveaux besoins de ses concitoyens qui délaissent peu à peu les lieux de culte. « C’était un local où les gens pouvaient nommer ce qu’ils vivaient », explique Lorraine Decelles, coordonnatrice à la Maison d’Aurore depuis 20 ans.

Déjà en 1976, la gentrification du quartier – encore ouvrier à l’époque – commence à gagner du terrain, selon Mme Decelles. « Il y avait un phénomène d’exode. Les familles quittaient le quartier et on avait besoin de logement social », indique-t-elle.

En 1978, sous l’impulsion de la Maison d’Aurore, la Coop d’habitation Des Pieds noirs, qui se déploie encore aujourd’hui sur la rue Jeanne-Mance, voit ainsi le jour. C’est également en 1978 que l’organisme crée des camps de vacances familiaux, pour répondre à la demande des parents du quartier.

Vers 1980, la Maison d’Aurore doit faire face à une nouvelle clientèle qui découle de la désinstitutionalisation. Les responsables de l’époque, pris au dépourvu, décident de fermer les portes pour quelques temps. « Il fallait se repositionner. À la réouverture, le rôle de la Maison d’Aurore sera davantage communautaire que paroissial », explique la coordonnatrice.

Nouveau départ

Fort d’un nouveau positionnement, l’organisme développe un réseau d’entraide pour les personnes âgées. Aujourd’hui appelée La Débouille, ce réseau propose aux personnes de 50 ans et plus des cafés rencontres, ainsi que plusieurs sorties et loisirs en partenariat avec d’autres organismes du quartier. « L’objectif est de maintenir les ainés dans la communauté », raconte Lorraine Decelles.

C’est également dans les années 1980 que la Maison d’Aurore crée le premier groupe d’achat citoyens, et ce dans le but de négocier de meilleurs coûts avec les fournisseurs d’huile à chauffage. « C’est le début du concept de regroupement citoyen. L’idée était de préserver le pouvoir d’achat des gens », ajoute Mme Decelles.

Dans le cadre de ce groupe d’achat sur l’huile à chauffage, les citoyens se rencontrent, discutent et échangent sur différents trucs culinaires. Peu de temps après, en 1984, naissent les Cuisines Collectives, encore très actives aujourd’hui. Un 5ème groupe de soir, destiné aux travailleurs à faible revenu, a d’ailleurs été formé cette année.

Au milieu des années 1980, les rencontres citoyennes qui s’effectuent dans le cadre des cuisines collectives permettent aux parents d’élèves d’échanger sur les difficultés liées à la période de devoirs de leurs enfants. En 1986, la Maison d’Aurore implante les ateliers aux devoirs et leçons pour pallier le problème. Encore aujourd’hui, deux soirs semaine, la Maison d’Aurore accueille les jeunes étudiants de quatre écoles primaires du quartier. Un accompagnateur est ainsi jumelé à un enfant dans l’esprit de favoriser « une entraide intergénérationnelle ».

Lorraine Decelles souligne d’ailleurs que tous programmes confondus, les collaborateurs donnent annuellement à la Maison d’Aurore quelque 10 000 heures de bénévolat.

L’autonomie et la sécurité financière constituent des dossiers primordiaux pour la Maison d’Aurore. Au fil du temps, les objectifs restent toutefois les mêmes: favoriser une saine alimentation à moindre coût, réseauter, partager ses connaissances. « Depuis les débuts, nous sommes à l’écoute des besoins et nous essayons de trouver des solutions pour répondre à ces besoins. On fonctionne de cette façon depuis toujours ».

 

Avis de recherche

Pour ses 35 ans, la Maison d’Aurore est à la recherche de 35 artistes en art visuels, âgés dans la trentaine et résidant sur le Plateau. « L’objectif de nos 35 ans est de rejoindre les gens de 40 ans et moins », souligne la coordonnatrice Lorraine Decelles. Les artistes ayant répondu à l’appel verront leurs œuvres exposées lors d’un vernissage qui se déroulera le 17 novembre. De plus, une exposition sera organisée les jeudis 24 novembre et 1er décembre. Les intéressés peuvent faire parvenir une photo de leur œuvre et un descriptif avant le 28 octobre à lorraine@maisonaurore.org.

Aussi dans Actualités :

blog comments powered by Disqus