Collaboration spéciale Farah Jacques rêve de participer à de nouveaux Jeux Olympiques.

Après avoir grandi à Montréal-Nord et fréquenté différents établissements scolaires de l’arrondissement, Farah Jacques, 26 ans, a participé l’été dernier à Rio à ses premiers Jeux Olympiques. Élue récemment athlète québécoise de l’année par la fédération provinciale d’athlétisme, la sprinteuse s’est «accrochée» à son «rêve».

Jamais Farah Jacques n’oubliera son entrée sur la piste du Stade olympique de Rio de Janeiro le 19 août dernier. Devant des dizaines de milliers de spectateurs, des centaines de caméras et autant de millions de téléspectateurs, l’athlète nord-montréalaise a vécu «le moment le plus marquant de [sa] carrière». Un «rêve» de jeunesse, tout simplement.

«Je n’étais pas sur mon divan en train de regarder les Jeux, on me regardait, clame-t-elle, les yeux encore illuminées. C’était magique. Je regardais le public, les estrades, les photographes. Ces moments sont marqués dans mon esprit.»

img-20160927-wa0002«Je me suis rappelée tous les sacrifices»
Quelques semaines plus tôt, des larmes de détresse avaient pourtant coulé. La faute à un petit centième qui, durant quelques heures, privait l’intéressée d’une qualification pour le Brésil.

Seulement troisième du 200m, sa discipline de prédilection, à l’issue des essais canadiens, alors que les deux premières avaient leur billet en poche pour ces JO, Farah Jacques a finalement été repêchée pour participer au relais 4x100m.

Mise ensuite en concurrence avec une autre sprinteuse pour obtenir une place de titulaire, l’ancienne pensionnaire de l’école primaire de la Fraternité, de Jules-Verne et de l’école secondaire Henri-Bourassa a «couru la course de [sa] vie».

«C’était simple, on était les seules sur une piste, deux blocks par terre, et la plus rapide après un 100m allait courir à Rio. Je me suis rappelée tous les sacrifices, toutes les fois où j’étais à terre. Je ne voulais pas aller au Brésil mais rester dans une tribune. J’ai fermé les yeux, ça m’a paru une éternité mais j’ai gagné. J’ai tout donné et j’ai compris qu’au bout, avec de la persévérance, on y arrive.»

«Il faut croire en ses rêves et en soi. Il n’y a rien de facile dans la vie, il y a toujours des obstacles, des échecs. On peut tomber, pleurer, mais avec de la persévérance, on peut réaliser ses objectifs et ses rêves.»
Farah Jacques, athlète olympique

Un déménagement à Ottawa pour «franchir un palier»
Des difficultés, l’étudiante à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), en a connues quelques-unes. Notamment en 2012, quand, au cours d’un relais, la jeune athlète pleine de promesses, qui compte cinq frères et deux petites sœurs, se blesse gravement à la cheville.

20160901_221626Pendant près d’un an et demi, la douleur puis la longue rééducation la privent des pistes. «J’étais découragée», assure celle qui venait de déménager à Ottawa pour «franchir un palier» et travailler aux côtés de Glenroy Gilbert, double champion du monde (1995, 1997) et champion olympique (1996) avec le relais canadien 4x100m.

Installée depuis son enfance à proximité du boulevard Pie-IX, cette admirative d’Allyson Felix et Usain Bolt, qui a commencé à courir à 13 ans, incitée par une amie, sentait alors le besoin de «s’isoler».

«Avec mes amies, on était tout le temps ensemble. J’aimais sortir, faire la fête, me promener. Mais pour progresser, je ne devais pas le laisser distraire. J’avais mon rêve olympique en tête. Avec Glenroy, je n’ai pas le choix. Si je rate des entraînements, je peux être exclue du club. Il peut être vraiment sévère, mais c’est pour ça que je suis partie. Pour devenir une athlète de haut-niveau»

Tokyo 2020 comme objectif
Désignée athlète québécoise de l’année fin novembre, Farah Jacques se tourne à présent vers d’autres objectifs. Avant de se projeter vers une future carrière d’enseignante, peut-être dans le monde des mathématiques, la Nord-Montréalaise n’a qu’un souhait. Goûter à nouveau aux Jeux Olympiques.

«Je veux les refaire, mais également dans une course individuelle», annonce-t-elle sans sourciller. La tête déjà tournée vers le Japon et Tokyo 2020.

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