Même si les réseaux sociaux sont devenus de véritables lieux d’échanges et de rencontres, la présence de la maison des jeunes d’Outremont continue d’être plus que jamais pertinente, croient ses animateurs. Elle permet aux ados de prendre un recul à l’égard du monde virtuel.

«Avec cette génération, tout est amplifié par les réseaux sociaux. Ils ont l’impression que quand il leur arrive de quoi et qu’ils deviennent infamous sur Facebook que leur vie est finie», expose Marc-André Durocher, intervenant depuis huit ans à l’organisme.

Une fois qu’ils mettent les pieds à la maison des jeunes, ils relativisent leur situation.

«Ici, ils en parlent et ils se rendent compte que ces deux mondes, que le virtuel, c’est un peu niaiseux», précise Alain Junior Datus, un des animateurs qui a lui-même fréquenté la maison lorsqu’il était au secondaire.

Pour certains, c’est aussi une occasion d’apprendre à socialiser.

«On a des jeunes qui sont beaucoup dans le virtuel ou les jeux vidéo, mais, justement, ici, c’est une belle place pour pratiquer ses habiletés sociales», soutient l’intervenante Marie-Maude Fabreau.

L’établissement continue d’être le témoin de nouvelles amitiés même avec l’arrivée des multiples applications. Souvent des rencontres se concrétisent à la maison des jeunes qui existe depuis trois décennies.

«Il y a des gens qui se connaissent juste en ligne et ils se voient pour la première fois ici», raconte M. Durocher.

Vie d’appartement

Dans le cadre de la Semaine des maisons des jeunes du Québec, l’organisme d’Outremont a ouvert à TC Media les portes de ses locaux situés dans un bâtiment tout blanc du parc Saint-Viateur, sur l’avenue Querbes.

À la cuisine, des jeunes attablés au comptoir discutent avec une intervenante. Un peu plus loin, dans une autre pièce, deux garçons s’amusent au billard. Au sous-sol, des adolescentes donnent un coup de main pour transformer l’endroit en maison hantée pour l’Halloween.

L’intérieur des locaux prend des allures de fausse vie en appartement aux yeux de M. Durocher. «C’est comme si on était une seconde famille», dit-il.

Les intervenants ont d’abord pour mission d’être à l’écoute des jeunes et de s’amuser avec eux à travers différentes activités.

«C’est un peu une bulle d’air ici. Ils savent qu’ils sont en sécurité et que tout le monde va les respecter. Il n’y a pas le stress de l’école ou du regard des autres», mentionne Mme Fabreau.

Ce cadre favorise les confidences. Les intervenants constatent que les jeunes se livrent plus facilement. Les 12-17 ans vont aborder toutes sortes de sujets, comme l’identité sexuelle, leur famille ou des problèmes à l’école.

S’ils ne sont pas des professionnels de la santé, les animateurs peuvent tout de même y aller de leurs conseils basés sur leurs valeurs et leurs expériences de vie. Pour des cas plus problématiques, ils dirigent les jeunes vers d’autres ressources.

Seul lieu

La question est souvent posée: pourquoi avoir une maison des jeunes dans un quartier bien nanti comme Outremont?

Les responsables estiment que, peu importe le revenu ou la classe sociale, les problèmes, les besoins ou les questionnements liés à cette période de la vie demeurent les mêmes.

«On est le seul lieu dédié à l’adolescence à Outremont», souligne par ailleurs M. Durocher.

Chaque jour, environ une vingtaine de jeunes fréquentent l’organisme et la plupart sont des élèves de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie. Plusieurs proviennent aussi des arrondissements voisins.

Rénovations

La Maison des jeunes d’Outremont vivra l’été prochain ses plus importantes rénovations depuis longtemps. Des travaux seront entrepris pour refaire l’extérieur du bâtiment datant de 1946. La toiture, les portes et les fenêtres seront notamment remises à neuf. Les élues de l’arrondissement ont adopté au début du mois un montant de 24 242 $ pour la réalisation des plans et devis des travaux.

 

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