Le mécontentement semblait unanime chez la cinquantaine de citoyens qui se sont présentés à la séance d’information sur la voie réservée du boulevard Maurice-Duplessis, où la Société de transport de Montréal  (STM) présentait les résultats d’une étude sur le stationnement.

À la demande des élus, la STM a réalisé un relevé détaillé du nombre de places de stationnement sur rue existantes, occupées et disponibles sur un tronçon de 2,3 km du boulevard Maurice-Duplessis, situé entre la rue la Valinière et le boulevard Rodolphe-Forget. L’étude comprenait également les rues transversales à cet axe sur un rayon de 75 m.

Les données présentées ont été récoltées aux heures de pointe et en soirée, soit de 7h30 à 8h30, de 16h30 à 18h, et de 21h à 22h.

« Nous constatons que l’offre de stationnement est suffisante pour répondre à la demande observée, a affirmé Olivier Notte, conseiller à la planification réseau à la STM. En général, l’occupation du stationnement sur rue dans la zone à l’étude varie de 35% à 62%. »

La STM a compté plus de 180 places disponibles sur les 549 existantes lors de chacun des relevés de terrain effectués à la fin du mois d’octobre.

Les rues transversales sont généralement plus occupées que le boulevard Maurice-Duplessis, particulièrement les rues Rodolphe-Forget, André-Dumas et Armand Bombardier, qui sont bondées lors de certains moments de la journée.

« Des alternatives sont toutefois toujours disponibles du côté opposé de la rue ou sur les autres rues à proximité », souligne M. Notte.

Un mécontentement généralisé
L’exposé n’a pas semblé convaincre l’assemblée, et la période de questions qui a suivi l’exposé aurait été plus houleuse n’eût été le contrôle exercé par l’animateur, Claude Champagne, qui a su tempérer les ardeurs.

La dizaine de citoyens qui ont défilé au micro se sont tous dits convaincus de l’existence du problème de stationnement, certains soulignant que les heures étudiées pouvaient ne pas correspondre aux horaires de travail des gens.

Plusieurs ont rappelé que beaucoup de résidents sont des personnes âgées, ce qui rendait les déplacements jusqu’aux rues avoisinantes plus difficiles.

« En plus, ça ne sert à rien! Moi aussi j’ai fait des études : je me suis levé trois fois pour observer de 6h30 à 9h30, et des autobus pris dans le trafic, je n’en ai pas vu! », a lancé le premier intervenant, générant des applaudissements dans la salle.

« Si j’avais su, je n’aurais pas acheté il y a quelques mois », a affirmé une autre participante, elle aussi applaudie. D’autres ont affirmé avoir perdu des locataires récemment suite à la mise en place de la voie réservée.

Des citoyens ont également souligné la confusion générée par les nombreuses pancartes, et ont affirmé que certaines d’entre elles étaient contradictoires.

Le projet de voie réservée avait d’abord été approuvé unanimement par le conseil d’arrondissements. Depuis, certains élus ont émis des doutes, dont Nathalie Pierre-Antoine et Giovanni Rapanà.

« La STM et mes collègues plus sceptiques ont pu constater la réaction des citoyens et ont dû avouer qu’il y a un besoin », affirme le conseiller de Ville du district de Rivière-des-Prairies, Giovanni Rapanà, qui se dit « farouchement opposé » au projet dans sa forme actuelle. Il réclame notamment des zones de relâche.

Lors de la conclusion de la soirée, la mairesse par intérim, Suzanne Décarie, a promis une décision dans la prochaine semaine. « On va se réunir très rapidement, et prendre vos commentaires en considération, a-t-elle affirmé.  Vos préoccupations sont nos préoccupations. »

 

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