Quelques années après un premier projet-pilote d’éolienne municipale, l’arrondissement de Saint-Laurent installera au printemps un prototype d’éolienne à axe vertical dans le parc Philippe-Laheurte grâce à un partenariat avec des étudiants de Polytechnique.

L’éolienne devrait permettre d’alimenter les lampadaires du parc sans dépasser les 45 décibels, soit le bruit d’une conversation.

Saint-Laurent avait pris les devants dès 2009 en installant une première éolienne de taille dans ce parc. Après cinq ans de service, qui ont permis d’observer son fonctionnement et sa rentabilité, un bris majeur de l’équipement pendant une période de grands vents avait forcé la fin du projet.

«Nous voulions voir s’il était possible d’avoir une éolienne fonctionnelle et de répondre aux besoins municipaux, comme l’éclairage du parc», explique le maire, Alan DeSousa.

Depuis, quelques autres éoliennes ont vu le jour en milieu urbain, comme celle de l’écocentre de Saint-Laurent, rue Sartelon. Les demandes se sont multipliées pour l’installation d’autres sources d’énergies renouvelables, comme les panneaux solaires et la géothermie.

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L’éolienne à axe vertical aura des pales hélicoïdales. (Collaboration spéciale/Polytechnique)

Sur mesure
La nouvelle éolienne sera à axe verticale avec des pâles hélicoïdales, c’est-à-dire que ces dernières, installées parallèlement au mât, tournent autour de lui. Contrairement aux grandes éoliennes à axe horizontal, dites classiques, qu’on peut observer en région, elle sera plus petite, moins bruyante, tout en pouvant démarrer sans électricité et résister à de forts vents.

Un groupe de douze étudiants de 4e année de Polytechnique travaille à finaliser la conception, à la suite du mandat confié par l’arrondissement en septembre.

«C’est avantageux de travailler avec Polytechnique, car ils ont déjà fait des projets d’éolienne, sur lesquels ils ont eu des retours, souligne l’ingénieur Daniel Suarez, de l’arrondissement. Nous bénéficions de l’expertise de leurs professeurs pour des compétences que nous n’avons pas à l’interne.»

Même s’ils récupèrent le mât et le câblage de l’ancienne installation, les étudiants conçoivent le projet de A à Z. Ils devront notamment aller chercher une partie du financement auprès de donateurs, sur le budget prévu de 26 000 $.

«Un logiciel permettra de surveiller l’éolienne depuis la mairie, afin de l’arrêter ou d’effectuer son entretien, explique Étienne Sakr, l’étudiant qui pilote le projet. Des données seront recueillies pour l’ensemble de ses composantes.»

La fabrication commencera cet hiver pour une installation prévue le 1er mai, avec l’aide des employés de l’arrondissement, «qui doivent se familiariser avec le matériel», précise M. Suarez.

«L’énergie éolienne, dans l’air et dans l’eau, et solaire constitue l’avenir, nous devons profiter de cet avant-gardisme, car l’énergie fossile va disparaître d’ici 40 à 50 ans.» — Étienne Sakr, étudiant gestionnaire du projet

Social
«Nous voulons donner des outils d’apprentissage aux étudiants», souligne le maire DeSousa, qui souhaite mettre en avant le côté pratique et éducatif du projet.

Pour l’ingénieur Suarez, il s’agit aussi de stimuler le marché de l’énergie éolienne pour favoriser son développement, en plus de faire expérimenter ces technologies aux étudiants.

«Une ville qui encourage des étudiants, ça va inciter la prochaine génération à s’intéresser aux sciences. Qui sait, nous allons peut-être développer une expertise en aérodynamique», avance M. Sakr.

Les étudiants sont toujours à la recherche de divers partenaires ou donateurs, pour obtenir un entrepôt par exemple.

Informations auprès d’Étienne Sakr: etienne.sakr@gmail.com

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