Félix O.J. Fournier/TC Media Des bureaux ont été convertis en espace de coworking à l'Institut NÉOMED, qui attire des talents scientifiques de toute l'Amérique du Nord.

L’Institut NÉOMED est né dans les locaux de l’ancien groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca, qui a fermé son centre de recherche au Technoparc Montréal, à Saint-Laurent, en 2012. Aujourd’hui, ce campus accueille davantage d’employés qu’à l’époque.

«Il y avait 135 travailleurs au moment de la fermeture. Il y a maintenant une trentaine de compagnies de biotechnologies et plus de 300 personnes sur nos deux sites», souligne le président et chef de la direction, Donald Olds.

En plus de son siège social de la rue Frederick-Banting, spécialisé dans les petites molécules thérapeutiques, l’institut est installé à la Cité de la Biotech de Laval, pour le volet biologie et vaccins.

Les acteurs du Technoparc voulant faire preuve de résilience face à la fermeture d’AstraZeneca, NÉOMED a été créé pour relancer le secteur pharmaceutique.

«Il y avait un risque, mais les gens y croyaient», rappelle le député de Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier.

Le bâtiment était vide, mais a pu être aménagé grâce à 5 M$ d’AstraZeneca, 3,5 M$ de Pfizer et 8 M$ du gouvernement ainsi qu’un prêt.

«AstraZeneca a travaillé avec le milieu pour mettre sur pied ce nouveau modèle d’affaires, un organisme à but non lucratif ayant pour mission de créer un écosystème de compagnies ainsi qu’une entité qui pourrait collaborer avec les universités et l’industrie pour commercialiser avec succès», rapporte M. Olds.

Croissance
Les petites entreprises, sélectionnées pour éviter la concurrence sur le campus, développent et vendent leurs propres produits, tandis que l’Institut NÉOMED fait office de facilitateur.

«D’une pharmaceutique, nous sommes passés à de petits sièges sociaux. Cet immeuble magnifique, avec 150 hottes de chimie et des plafonds élevés, coûterait aujourd’hui beaucoup trop cher à construire», explique le directeur général et chef des finances, Pierre-Yves Desbiens.

La première entreprise qui s’y est installée, Paraza Pharma, est passée d’un seul à cent employés en l’espace de cinq ans. L’entreprise qui développe des médicaments d’investigation s’est depuis étendue dans un autre bâtiment sur l’avenue Marie-Curie, tout en gardant son port d’attache à NÉOMED.

«L’institut nous permet de collaborer avec d’autres compagnies et nous offre de la visibilité», précise le directeur sciences chimiques de Paraza Pharma, Alexandre Larivée.

D’autres sociétés, comme enGene, arrivée de Vancouver, ont connu le même essor. «NÉOMED travaille avec nous pour grandir à notre rythme», précise la directrice financière, Michèle Jemus.

enGene se spécialise dans la thérapie génétique, c’est-à-dire la livraison de l’ADN directement dans le corps. Cette méthode peut par exemple s’appliquer à la maladie de Crohn en permettant la production de protéines dans le colon pour réduire l’inflammation.

Le fonctionnement de NÉOMED est victime de son succès. Certaines candidatures doivent être rejetées, faute d’espace. M. Desbiens souhaite agrandir en construisant un nouveau laboratoire sur le terrain adjacent.

Lire aussi: Cibles ambitieuses en sciences de la vie

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!