Une Laurentienne a décidé de poursuivre sa résidence devant les tribunaux, accusant l’administration «d’intimidation et de discrimination fondée sur son handicap». Atteinte de sclérose en plaques, elle dit avoir déménagé à la Résidence Alexis Nihon en raison de ses problèmes de mobilité, mais affirme désormais faire face à plusieurs embûches.

«Ils rendent ma vie misérable pour me faire partir», avance Effy Louridas, qui réside au 1200, boulevard Alexis Nihon depuis six ans.

La femme de 64 ans a reçu son diagnostic de sclérose en plaques il y a 3 ans, après des années à souffrir de problèmes de santé et de difficultés à marcher. Elle se déplace aujourd’hui en quadriporteur, n’étant plus en mesure de marcher.

Dès son arrivée à la Résidence Alexis Nihon en 2010, elle déclare avoir vécu une «oppression» de la part de membres du personnel de l’administration et elle dit croire qu’ils ont «pour objectif de la dissuader de demeurer dans les lieux». Une série d’incidents l’a convaincue de porter sa cause devant le Tribunal des droits de la personne.

Parmi les mésaventures qu’elle raconte subir dans son mémoire à l’attention du tribunal, obtenu par TC Media, elle indique que «le cuisinier interdit aux serveuses de servir [son] repas, malgré le fait qu’ils l’ont toujours fait par le passé en raison de son immobilité». Elle se verrait aussi retirer sa place habituelle dans la salle à manger.

Dans le document de 10 pages, elle estime que certains résidents «accentuent l’humiliation vécue». L’un d’entre eux lui aurait même donné des coups de pieds, lui lançant «T’as pas d’affaire à être ici, va-t’en».

Intimidation
«Les résidents ne veulent pas se prononcer comme témoins, car ils ont peur de devoir déménager», se désole-t-elle. Son conjoint, qui ne vit pas dans la résidence, confirme avoir été témoin de plusieurs de ces événements.

«Je n’ai pas peur, car je dis la vérité», ajoute la locataire.

Elle espère que ses démarches pourront faire avancer les droits des personnes âgées qui vivent dans cette résidence.

Une première victoire en 2013
«À chaque fois que je veux l’aide de l’administration, ils sont contre moi», rapporte-t-elle.

En 2013, la Résidence Alexis Nihon a tenté de résilier le bail de Mme Louridas, pour «usage supposément interdit d’un quadriporteur». La Régie du logement a conclu en faveur de la locataire, car aucun règlement ne lui interdit d’utiliser son quadriporteur.

Aucune autre demande liée à la résiliation du bail à cette adresse n’a été déposée à la Régie du logement.

Pas de commentaires
Le directeur de la Résidence Alexis Nihon, Fritz Delphine, refuse de commenter l’affaire qui se rendra prochainement devant les tribunaux. Il indique seulement que sa résidence de 139 appartements s’adresse aux «personnes âgées autonomes», à partir de 55 ans.

Les deux associations dont la Résidence Alexis Nihon est membre n’ont pas été en mesure de commenter l’histoire de Mme Louridas. Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) n’avait pas connaissance du dossier et la Fédération des organismes d’habitation de Montréal (FOHM) n’a pas retourné les appels de TC Media.

Ce n’est pas la première fois que Mme Louridas fait appel aux tribunaux. En 2012, elle avait remporté une victoire devant la Commission des droits de la personne contre un dépanneur Couche Tard de Saint-Laurent qui ne lui laissait pas l’accès à son commerce en raison de son quadriporteur.

À l’époque, elle était soutenue par le Regroupement des Activistes Pour L’Inclusion au Québec (RAPLIQ) dans ses démarches. L’organisme ne la supporte toutefois plus à ce stade dans ses démarches, car le rôle de ce dernier s’arrête quand un avocat est nommé au dossier.

Il s’agit de la seule plainte visant la résidence qui est actuellement devant le tribunal. Lors du passage de TC Media à la résidence Alexis Nihon, aucun indice ne nous a permis de constater que Mme Louridas faisait en effet preuve de discrimination.

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