Patrick Sicotte Entourées de Marie, Jacques et Valérie, les personnes déficientes intellectuelles fréquentant l’atelier d’art l’Alizé trépignent d’impatience de voir leurs œuvres vendus au profit de L’Arche-Montréal qui s’occupe d’eux.

Ils dessinent de drôles d’animaux, des arbres inusités et des personnages improbables avec des couleurs éclatantes. Leurs œuvres seront exposées et vendues à la Maison de la culture Marie-Uguay au profit de l’organisme qui s’occupe d’eux.

Lorsqu’on entre dans l’atelier d’art L’Alizé de l’Arche-Montréal, on ressent immédiatement l’affection des accompagnateurs pour les personnes déficientes intellectuelles dont ils prennent soin. Leurs conditions vont de la trisomie, en passant par la déficience intellectuelle de légères à plus lourdes, jusqu’à celle associée au spectre de l’autisme. Certaines ont même des difficultés de comportements, mais les intervenants s’adaptent à elles plutôt que l’inverse.

«Notre approche est beaucoup plus humaine qu’administrative. Dans le réseau, à partir de 50 ans, les personnes déficientes intellectuelles ont moins d’activités, on les prépare à une forme de retraite. Nous, on comble en quelque sorte ce vide», explique Alain Ouedraogo, directeur général depuis 2012 de l’Arche-Montréal ajoutant que les usagers ont jusqu’à 70 ans.

L’Arche-Montréal, qui a cinq maisons d’hébergement dans la région métropolitaine, est l’un des huit endroits au Québec où l’organisme mondial a pignon sur rue. L’Arche internationale, dont la première maison a été fondée en France en 1964, est maintenant présente dans 152 communautés, 37 pays et cinq continents. Ils pourvoient au bien-être, bien au-delà des ressources habituellement mises en place, des personnes déficientes intellectuelles faisant émerger le don unique de chacune d’elles.

Valorisation

«L’atelier d’art existe depuis 30 ans. Au départ, ce n’était qu’un lieu d’activités, mais au fur et à mesure avec nos intervenants, l’idée d’offrir des activités artistiques s’est imposée», explique M. Ouedraogo.

Si certains y vont tous les jours, et d’autres à l’occasion, tous semblent être heureux de pouvoir exprimer leurs créativités. Ici l’art, tout comme pour le commun des mortels, a une valeur thérapeutique, mais en plus elle sert aussi de moyens d’expression et de valorisation. Ils savent que l’ensemble de l’œuvre aidera à financer leurs activités à L’Arche-Montréal.

«Avant je dessinais, mais pas aussi bien qu’aujourd’hui. J’aime dessiner des animaux et des arbres. Je trouve que je suis bonne dans ses dessins-là. J’en retire une fierté quand le travail est terminé», explique Marie-Paule, qui a une légère déficience et qui fréquente l’atelier d’art l’Alizé depuis 2010.

Il y aussi Michel, fin soixantaine, en fauteuil roulant. Il a été confié par sa famille d’abord à l’Arche d’Edmonton et ensuite à celle de Montréal, lors de son ouverture en 1977. Parfait bilingue, il est le conteur de blagues de l’endroit. Ses yeux bleus sont pétillants et son rire est communicatif.

«Moi ce que j’aime c’est l’accueil. Je dessine, mais ce que je préfère c’est colorier», dit-il.

Il y aussi Monique, Ginette, Kathy et Su Jin, qui s’occupe de sa mère de 90 ans, et tous les autres autour qui s’affairent à dessiner, colorier ou bricoler. Ils reçoivent l’aide de leurs intervenants Jacques, Valérie et Marie.

Avec cette exposition annuelle, L’Arche-Montréal espère pouvoir récolter près de 10 000$ pour financer l’atelier. Tableaux, tabliers, sacs, napperons, tasses et même ensembles de cartes de Noël seront mis en vente.

Exposition 30anniversaire de l’atelier l’Alizé, 13 septembre au 4 octobre, 13h à 17h, Maison de la culture Marie-Uguay (6052, boulevard Monk).

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