(Photo: Voix Pop - Justine Gravel) L'OBNL Vivre en Ville a convié une diversité de personnes à participer à la démarche afin de dresser un portrait complet de la situation, que ce soit des résidents, des organismes communautaires ou des promoteurs.

La croissance rapide de la population ainsi que le manque de verdure et de services publics étaient au cœur des échanges lors de la consultation publique au sujet de l’ouest de Griffintown. Une cinquantaine de résidents, de membres d’organismes communautaires et de promoteurs immobiliers se sont exprimés sur l’avenir de ce secteur délimité par les rues Richmond, Georges-Vanier et Notre-Dame Ouest.

«J’aimerais que le quartier s’humanise», déplore Mireille Voyer. Résidente de Griffintown depuis 1985, elle a témoigné de l’évolution du quartier qui, selon elle, ne va pas dans la bonne direction puisqu’il a été conçu pour des personnes seules. Celles-ci constituent d’ailleurs 60% de la population actuelle.

«C’est un désastre qui s’est créé. En ce moment, ce n’est que du béton, on est dans un cul-de-sac. Il faut arrêter de construire et d’attirer des gens dans le quartier et commencer par établir des services, des interactions humaines», renchérit-elle.

Cette remarque est d’ailleurs revenue régulièrement pendant les discussions, qui se déroulaient mercredi soir au centre culturel Georges-Vanier, certains participants allant même jusqu’à demander une action politique pour faire cesser momentanément le développement immobilier et maximiser la végétation.

Flexibilité
Malgré tout, Michael Owen, partenaire principal chez Mondev, voit une certaine ouverture de la part des résidents.

«De ce que j’ai compris ce soir, les gens sont ouverts à de nouveaux projets, mais avec certaines restrictions et je crois qu’en tant que promoteur on doit travailler là-dessus. Il faut discuter et avoir une certaine flexibilité, comme un bâtiment avec plus d’étages, mais moins large, avec plus de verdure», explique celui qui se trouve derrière l’immeuble qui prendra la place de l’usine spécialisée en traitement métallurgique Thermetco.

Selon M. Owen, si le projet est conçu pour répondre à des besoins citoyens, les gens ne s’y opposeront pas. «Dans notre projet au coin des rues William et Richmond, par exemple, nous avons prévu des commerces au rez-de-chaussée. Nous aimerions qu’une épicerie locale s’y installe, car beaucoup de gens le demandent», souligne-t-il.

Sécurité
L’état des rues a aussi fait l’objet de nombreuses critiques de la part des participants. Certains d’entre eux allant même jusqu’à comparer certains secteurs à la capitale de l’Irak, Bagdad. «C’est peut-être une comparaison exagérée, mais on n’est pas si loin de la réalité», souligne le porte-parole d’une table de discussion pendant la période de plénière.

Les nombreux nids-de-poule et le trafic s’expliquent selon eux par la présence grandissante de la circulation de transit dans le quartier. «L’enjeu le plus important en ce moment est le déplacement. C’est bloqué dès 3h de l’après-midi jusqu’à tard en soirée. Personnellement, je marche et je prends les transports en commun, mais je sens que c’est ce qui dérange le plus les gens», souligne Simon-Alexandre Rivière, qui se trouve derrière la page Facebook «J’aime Griffintown».

Pour la résidente Tan Shan Li, le quartier est pris d’assaut par les travailleurs qui retournent sur la Rive-Sud. «Ces personnes empruntent cette route depuis longtemps, mais ils n’ont pas compris que c’est devenu un quartier résidentiel», dit-elle.

Encadrées par l’organisme à but non-lucratif Vivre en Ville, les discussions seront colligées dans un rapport qui sera présenté succinctement à l’occasion d’une seconde rencontre citoyenne à l’hiver, à la demande de l’arrondissement. Les participants auront alors l’occasion de se prononcer sur des esquisses.

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