Quand une image réussit à choquer les gens tout en confirmant une opinion qu’ils ont déjà, on a là une bonne recette pour un succès viral. C’est le cas de cette photo, partagée quelque 13000 fois sur Facebook (sans compter Twitter) depuis deux semaines.

Eh oui, huit «chapeaux blancs» (que plusieurs associent avec des ingénieurs de la Ville) qui regardent un seul jeune travailler dans un chantier montréalais. Dans ce cas-ci, ce qu’on «savait déjà», c’est qu’il y a énormément de gaspillage de ressources (humaines et autres) dans la gestion des chantiers à Montréal. Cette photo vient tout simplement confirmer ce constat. «Ça peut ben coûter chère clissssssssssssss», en effet!

Le constat est clair: dans les chantiers montréalais, il y a huit surveillants pour chaque travailleur. Voilà pourquoi les chantiers sont interminables!

Sauf que…

La photo est bel et bien vraie, et l’inspecteur viral doit admettre que la mise en scène est assez comique. Mais l’inspecteur dit toujours qu’une photo, ce n’est pas de l’information. Un bon cliché peut bien aider à illustrer une histoire ou nous aider à comprendre, mais une photo toute seule peut trop facilement laisser la place à l’interprétation. C’est ce qui est arrivé ici.

Cette photo a été prise au coin des rues Préfontaine et Ontario, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, le 28 juin vers 9h. Selon la Ville de Montréal, il s’agissait d’une visite du chantier par des représentants de la Ville et de l’entreprise qui réalise le chantier, ainsi que d’une firme externe.

«Cette rencontre avait pour but d’assurer le suivi environnemental du projet de travaux de conduits d’égout et d’aqueduc et de voirie sur la rue Préfontaine, de la rue Ontario Est à la rue de Rouen, a expliqué par courriel le chargé de communications, Jacques-Alain Lavallée. Ils se sont rencontrés au lieu déterminé sur la photo et ensuite, ils se sont déplacés sur le chantier pour localiser l’endroit où sera effectué l’échantillonnage des matières résiduelles pour le suivi environnemental du projet.»

Il a rajouté que la rencontre en question a duré une demi-heure, et que la Ville organise, «aux deux semaines ou plus, au besoin», des rencontres du genre pour «résoudre des problèmes sur le site».

On comprend donc bien qu’il s’agissait d’une rencontre ponctuelle avec divers représentants des parties prenantes du chantier pour discuter d’un problème spécifique. Ce qu’on voit dans cette photo ne représente donc pas le fonctionnement habituel d’un chantier.

Mais bon, prendre le temps de demander des explications (ça a pris trois jours à l’inspecteur pour avoir des réponses), c’est moins le fun (et plus difficile) que de s’indigner et d’indigner les autres en partageant une photo.

Le journalisme, c’est peut-être un peu plus plate, mais ça nous rend moins nonos!

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