François Bastien L’église Saint-Esprit a été transformée pour les besoins de l’École de cirque de Québec.

En mars dernier, 270 lieux de culte au Québec étaient visés par une fermeture, une vente ou une transformation physique. En d’autres mots, 10 % de notre patrimoine religieux attendait patiemment sa résurrection.

On a parfois tendance à l’oublier, mais de nombreuses églises en province ont marqué notre histoire en étant le noyau central du développement urbain. Architecturalement parlant, ces bâtiments religieux ont longtemps surpassé toutes formes de construction de leur environnement immédiat, autant en hauteur qu’en terme de qualité architecturale. Et culturellement parlant, on ne peut négliger l’impressionnant pouvoir qu’ont eu ces lieux de culte dans l’évolution du tissu social.

Évidemment, le pouvoir de l’Église n’est plus du tout le même aujourd’hui. Les fidèles étant de moins en moins nombreux, des diocèses doivent sacrifier leurs établissements faute de moyens financiers pour les entretenir. Et malheureusement pour eux, les acheteurs ne font pas la file devant leurs portes. Les terrains où se trouvent les églises ont beau être stratégiquement localisés, les investissements nécessaires pour leur offrir une seconde vie sont loin d’être négligeables. Sans oublier que le budget de fonctionnement annuel peut facilement s’élever à des centaines de milliers de dollars, notamment pour chauffer l’espace. Un luxe que bien peu d’entreprises ou organismes peuvent s’offrir.

En Amérique du Nord comme en Europe, les projets de conversion d’églises se multiplient depuis une dizaine d’années. De la copropriété au centre communautaire, plusieurs idées sont mises en chantier, mais très peu réussissent à conserver le cachet original sans charcuter malencontreusement l’espace.

Un exemple admirable de conversion est certainement celui de l’église Saint-Esprit, située dans la Vieille Capitale. En 2002, la firme d’architecte ABCP a brillamment transformé ce lieu pour les besoins de l’École de cirque de Québec. Que ce soit pour la pratique du trapèze ou encore du trampoline, ces nouvelles fonctions circassiennes épousent parfaitement les hauts plafonds voûtés du bâtiment. Les architectes ont donc pu conserver l’intégrité structurale de l’église, fréquentée annuellement par plus de 18 000 jeunes.

Une autre proposition architecturale inspirante est celle du Selexyz Dominicanen Maastricht Project. Située en Hollande, cette ancienne cathédrale datant du XIIIe siècle a été redonnée à la communauté grâce à un projet de bibliothèque publique. La force du concept réside indéniablement dans l’approche minimaliste des architectes du cabinet Merkx + Girod, qui ont splendidement conservé l’esprit spirituel d’autrefois.

Le design se base sur la verticalité de l’espace au cœur de la cathédrale, avec l’ajout d’étagères métalliques superposées.

L’éclairage a également été repensé, tout comme le mobilier intérieur, pour mieux répondre aux besoins des nouveaux «fidèles». Une belle façon de s’assurer que le passé religieux hante l’espace pour encore quelques décennies.

Aussi dans Maison :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!