Marc-André Carignan À Vienne, les efforts se multiplient pour affecter des espaces sécuritaires aux cyclistes.

On comprend rapidement ce qu’est une ville à échelle humaine en se baladant dans les rues de Vienne en Autriche. Et on réalise surtout que Montréal est restée figée dans les années 1990. Retour sur un bref séjour en Europe.

Les Viennois possèdent un grand talent pour animer leur paysage urbain et pour assurer une saine cohabitation entre piétons, cyclistes, automobiles et tramways. Sur la rue, dans les parcs et dans les squares, la ville vibre constamment au rythme de ces milliers de personnes qui se croisent dans ce qui s’apparen­te à une grande danse humaine impromptue.

Les trottoirs du centre-ville ont beau être deux fois plus larges que ceux de Montréal, on pourrait encore les élargir et ce ne serait manifestement pas de trop. Il existe une véritable synergie entre l’architecture du lieu, sa vie commerciale, son design urbain et ses transports actifs et collectifs.

L’exemple du cyclisme parle d’ailleurs par lui-même. Tout comme à Montréal, de nombreuses coalitions mettent de plus en plus de pression sur les élus municipaux pour développer rapidement le réseau cyclable. Même si la ville n’est pas encore reconnue comme une capitale européenne du vélo, les efforts se multiplient néanmoins ces dernières années pour affecter des espaces sécuritaires aux cyclistes.

Et on ne parle pas ici de simples voies retranchées à la voiture par de modestes bandes de peinture blanche au sol; on parle plutôt de pistes surélevées au même niveau que les trottoirs, délimitées par une couleur de pavé distincte. Ces voies sont tantôt jumelées à celles des piétons ; tantôt intégrées aux îlots de verdure séparant la circulation automobile. Le cycliste se retrouve aussi constamment intégré à la signalisation routière, autant sur les pancartes métalliques qu’aux feux de circulation.

Autre élément marquant : le dynamisme des espaces pu­blics. De la simple ruelle transformée en terrasse pour un petit café, jusqu’à l’implantation de marchés de fruits et légumes éphémères, aucun lieu (enfin presque) n’est laissé à lui-même.

L’exemple le plus frappant, et surtout l’un des plus colorés de la métropole, se situe en plein cœur du Quartier des Musées. Une vaste place publique a été ingénieusement ponctuée de sièges de plastique aux formes géométriques variées, additionnés à quelques stands de nourriture de rue. Du jaunes canari au rouge pompier, ces bancs se transforment constamment en petits théâtres de scènes urbaines que j’ai bien dû observer avec fascination pendant près d’une heure. Les enfants s’y amusent comme des petits fous, alors que de jeunes étudiants y prennent un bain de soleil entre amis. On profite simplement de la vie, quoi !

Un concept plutôt simple, me direz-vous, mais pourtant drôlement efficace. Comme quoi il ne faut pas nécessairement réinventer la roue à chaque fois pour s’assurer d’obtenir un réel succès. Less is more, disait le célèbre architecte Mies van der Rohe.

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