Getty Images Debbie Zakaib souligne en entrevue le talent de petits joueurs, comme le duo de designers José Manuel St-Jacques et Simon Bélanger, qui ont remporté le concours 2015 d’Opération démarrage de Mercedes-Benz récompensant les créateurs canadiens émergents. Sur la photo: la demi-finale montréalaise, l’été dernier, qu’ils avaient évidemment gagnée.

Une aura négative semble envelopper l’industrie de la mode montréalaise. Selon Debbie Zakaib, ce ne sont pourtant qu’apparences: «Les bonnes nouvelles, et il y en a plein, ne parviennent pas à nos oreilles», déplore-t-elle.

Bilan, quelques mois après l’arrivée en poste de la première directrice générale de Mmode, la grappe métropolitaine de la mode.

«Nous devons travailler sur l’image de l’industrie», concède Debbie Zakaib en entrevue. L’industrie de la mode à Montréal, précise-t-elle, ce sont encore «30 000 emplois et plus de 7 G$ de revenus».

Si beaucoup de mauvaises nouvelles – notamment les déboires d’anciens piliers de la mode d’ici tels que Jacob – ont monopolisé l’attention des journalistes ces dernières années, un vent de renouveau souffle sur l’industrie. À commencer par la création de cette grappe métropolitaine, où les gros joueurs, des détaillants aux manufacturiers, font équipe avec de petits designers locaux et les établissements d’enseignement dans le but avoué de développer des stratégies pour faire rayonner la mode montréalaise ici et ailleurs.

Quelles bonnes nouvelles? La DG insiste sur le statut de chef de file mondial du manufacturier de vêtements pour hommes Peerless, dans le nord de l’île de Montréal, une institution presque centenaire pourtant méconnue dans son propre patelin. C’est là, sur le boulevard Pie-IX, que sont fabriqués les complets griffés Calvin Klein, Michael Kors, Lauren–Ralph Lauren ou DKNY, pour ne citer que quelques prestigieux clients de l’usine «la plus efficace au monde», d’après le site web de l’entreprise.

Debbie Zakaib mentionne aussi au passage la percée moyen-orientale de La Vie en Rose, un des membres fondateurs de Mmode, sans oublier les créateurs qui tirent leur épingle du jeu ici et ailleurs en arrivant à produire leurs collections localement. Les Philippe Dubuc et Marie Saint Pierre, évidemment, mais aussi des designers de mode de la relève, comme Marilyne Baril ou UNTTLD, «qui ont gagné des prix et sont très talentueux».

«La recherche en textile est très avancée ici, poursuit-elle, et nous commençons à voir des innovations incroyables. Notre rôle sera entre autres d’accompagner [ces entreprises] et de nous assurer qu’elles soient capables de produire ici.» Parlant d’innovation, Mme Zakaib plaide également pour le développement de modèles d’affaires qui deviennent des exemples pour l’industrie, citant au passage les succès des boutiques en ligne de Ssense et de Frank + Oak.

Avec toutes ces pièces maîtresses dans son jeu, comment la métropole peut-elle se démarquer davantage sur la scène internationale? Notamment en rattrapant son retard technologique, répond Debbie Zakaib. «Il y a tout un travail à faire pour intégrer les nouvelles technologies et travailler sur le numérique à tous les niveaux.» À la clé: l’augmentation des ventes, car «une des missions de la grappe est de stimuler la croissance et redonner à Montréal sa réputation de métropole de mode, rappelle-t-elle. Nous allons tout faire pour y arriver.»

TENDANCES Debbie HD (J Frenette 2015)

Debbie Zakaib, directrice générale de la grappe métropolitaine de la mode, Mmode.

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