C’est bien beau de déplorer la situation, mais que fait-on pour aider la cause? J’ai rencontré Iva Olah qui a décidé de faire partie de la solution en enseignant aux jeunes filles à coder à Montréal.

Iva est UX designer et enseigne la programmation dans le cadre de Girls Learning Code aux jeunes filles de 8 à 13 ans. Une initiative qui a vu jour à Toronto et qui est implantée à Montréal depuis 2014. Jeune, Iva était intéressée par l’art et la technologie. Après une formation initiale en technologie, elle retourne à l’école et décide d’étudier l’histoire de l’art. Elle y a découvre un milieu majoritairement féminin mal payé. Elle revient alors vers la techno où ses collègues sont des hommes bien payés.

Pourquoi apprendre aux jeunes filles à coder?
Je travaille depuis plus de 15 ans dans ce milieu et j’ai toujours très fortement ressenti le besoin d’initier les filles à la techno. Lorsque j’étais au secondaire, la techno c’était plate et c’était pour les gars! Je cherche à encourager les filles à être créatives. Les cours sont élaborés par des filles pour des filles donc c’est personnalisé et ça fonctionne.

Est-ce que la société pousse la techno majoritairement vers les garçons?
Oui, on s’imagine souvent des garçons anti-sociaux dans un sous-sol de maison, solitaires. Je veux montrer que c’est une image fausse propagée par la société ne reflètant pas la réalité. Quand on programme, on le fait en équipe. On montre aux jeunes que ça prend une équipe pour réussir un projet.

Est-ce inné pour les filles de s’intéresser à la technologie?

«Oui c’est autant inné que pour les garçons. Mais la techno est packagée. Les filles ne se sentent pas invitées à la table.» Iva Olah.

Si Girls Learning Code avait existé lorsque j’étais enfant, j’aurais sauté à deux pieds dedans beaucoup plus tôt! C’est une histoire de marketing, de féminisme et comment on genre les carrières de nos enfants. C’est important de briser ça dès maintenant! Travailler en techno permet d’avoir une superbe carrière et un bon salaire. Ça m’enrage de voir que c’est un domaine dominé par les hommes! Ça n’est pas du rocket science! C’est le fun! C’est demandant et beaucoup de filles peuvent le faire si elles sont encouragées dès leur plus jeune âge.

Le changement passe-t-il par un changement de culture, de société et d’éducation?
La société doit briser les stéréotypes de l’homme qui travaille en techno. Lorsque j’étais jeune, le professeur -un homme- montrait quelque chose sur son écran et ce n’était que des garçons autour de lui. Je ne me sentais pas invitée. L’atmosphère n’était pas bienveillante. Je pensais que c’était «juste pour les gars». C’était un mélange d’eux qui ne voulaient pas de moi et moi qui n’osais pas y aller. C’est comme l’exemple de la poupée. Il y a des tas de garçons qui veulent jouer avec une poupée mais ils ne le font pas parce que c’est devenu tellement genré.

Maintenant que j’ai un enfant, je vois les injustices qu’il existe dans la société. Je peux faire une différence et il y a une demande pour ces formations. C’est pour ça que je fais partie de Girls Learning Code. Mon rêve? Qu’on ait plus besoin de telles initiatives.

«Les femmes en technologie, c’est la 4e vague du féminisme.» – Iva Olah.

Girls Learning Code
12 novembre: Construire un jeu vidéo avec Scratch
3 heures d’apprentissage
Apportez votre ordinateur portable
Pour les filles de 8 à 13 ans

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On ne peut pas déplorer une situation et ne rien faire contre. On a tous un rôle à jouer dans la place que les jeunes filles ont dans une industrie où elles ne sont pas attendues. Et si une simple initiative comme Girls/Ladies Learning Code aidait les jeunes filles à savoir qu’aucune carrière ne leur est impossible? Moi j’y crois et des solutions comme celle-là, j’aimerais en voir plus souvent!

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