Un environnement de travail où on peut s’épanouir et être traitée de façon juste, c’est trop demandé?

Pour la première fois, un sondage fait auprès d’ex-employées qui travaillent dans le milieu de la techno explore les raisons pour lesquelles elles n’y œuvrent plus. Le Centre Kapor pour un impact social et Sondage Harris ont examiné (PDF) un échantillon représentatif de plus de 2000 adultes américains – dont 594 femmes: 67% sont Blanches ou Asiatiques, 33% sont Noires, Latinas ou autochtones – qui ont quitté un emploi dans l’industrie au cours des trois dernières années.

Les deux principales raisons pour lesquelles les femmes quittent leurs jobs sont sans surprise: pour trouver une meilleure opportunité (33%) et quitter un environnement de travail injuste (32%).

Une femme sur dix déclare y avoir subi une agression sexuelle. Cinquante-cinq pourcents d’entre elles déclarent que cette expérience a influencé leur décision de partir.

D’autres raisons pour expliquer leur départ: d’autres personnes ont pris le crédit pour leur travail (27%), ne pas avoir été considérées pour une promotion (25%) et le fait qu’on ait sous-estimé leurs capacités (16%).

C’est pire si on n’a pas la peau blanche! Les femmes provenant d’une minorité visible ont la plus grande chance de ne pas être considérées pour une promotion (30%), d’être stéréotypées (24%) et d’être confondues avec une autre personne du même genre/origine (17%) que n’importe quel autre groupe. L’injustice est la principale raison de partir pour les femmes de couleur (36%), alors que les femmes blanches/asiatiques sont moins susceptibles de partir pour cette raison (28%).

J’entends régulièrement: «Oui, mais au Québec, c’est pas aussi pire qu’aux États-Unis!» En fait, non. Ou plutôt, on ne le sait pas alors ça donne une bonne excuse à certains. La Canadienne Kirstine Stewart, ancienne cadre chez Twitter et actuellement stratège en chef chez Diply, raconte: «Certaines de ces opinions [sur le manifeste Google] ne s’arrêtent pas à la frontière et c’est pourquoi nous devons être très diligents. N’allez pas croire que c’est beaucoup mieux au Canada.» Dans le même article, Steph Guthrie, de TechGirls Canada, dit qu’il y a aussi plus de travail qui doit être fait pour stimuler la diversité ethnique, avec les personnes noires, indigènes et latines encore profondément sous-représentées. «Nous sommes en retard par rapport aux États-Unis à bien des égards parce que nous n’avons même pas les données», explique Guthrie.

Le rapport montre également qu’il y a des solutions possibles qui fonctionnent. Près des 2/3 des gens partis disent qu’ils seraient restés si l’employeur avait changé la culture d’entreprise. Les entreprises qui ont une stratégie d’inclusion et de diversité sont moins nommées dans le rapport lorsqu’on parle d’iniquité, de harcèlement sexuel, de stéréotypes et d’injustices. Les employés ont également noté qu’avoir une stratégie d’intégration et de diversité a un impact plus important que les initiatives individuelles telles une formation sur les biais inconscients.

En chiffres
Ce que les femmes réclament le plus pour les encourager à rester chez leur employeur:
Un meilleur salaire (73%)
Une amélioration du leadership de l’entreprise (69%)
Une promotion (65%)
Un meilleur équilibre travail-famille et flexibilité des horaires (65%)
Un environnement de travail positif et respectueux (63%)

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