Loic Bellemare-Alford De gauche à droite: Nicolas Synnott, Éléonore Jarry Ferron et Raphael Christian-Roy, les trois cofondateurs de Front Row Ventures

J’ai passé une heure avec une jeune investisseure en capital de risque et j’ai tout l’espoir du monde pour la prochaine génération tech.

Front Row Ventures est le premier fond d’investissement en capital de risque au Canada géré par des étudiants pour des étudiants. J’ai rencontré Éléonore Jarry Ferron, qui l’a cofondé. On a discuté de diversité et d’entrepreneuriat étudiant.

Tout a commencé en avril 2016. Éléonore finissait alors une maîtrise en comptabilité à HEC Montréal et elle participait à un comité étudiant interuniversitaire intéressé par le capital de risque. Un des problèmes qui existe avec les étudiants qui se lancent en affaires, ce n’est pas le manque d’idée. C’est plutôt le risque que le projet meurt dès que les étudiants quittent l’université.

Sachez que Google, Facebook et Snapchat sont toutes des compagnies qui ont été fondées sur des campus universitaires. Éléonore Jarry Ferron et deux de ses amis se sont ainsi dit que l’écosystème montréalais se devait de soutenir des étudiants-entrepreneurs. Avec l’aide de mentors, les trois jeunes ont peaufiné leur modèle d’affaires afin que leur entreprise soit présentable devant des investisseurs.

Le trio de cofondateurs est parfaitement équilibré: Éléonore Jarry Ferron est responsable des finances, Raphaël Christian-Roy s’occupe des développements techniques et Nicolas Synnott veille aux communications. Front Row Ventures, leur fond d’investissement, est ainsi née. La startup est soutenue par Real Ventures, l’un des plus importants fonds d’investissement canadiens, qui a vu le jour à Montréal. Les jeunes entrepreneurs ont reçu 600 000$ qu’ils doivent investir au cours des quatre prochaines années uniquement dans des entreprises québécoises créé par des étudiants.

Éléonore est passionnée. «J’ai passé un été à l’Université de Stanford, en Californie, où j’ai appris à quoi ressemble un écosystème universitaire qui encourage ses jeunes, me raconte-t-elle. Lorsque je suis revenue à Montréal, j’ai réalisé que c’était ça que je voulais faire!»

Ceux qui mettent sur pied une startup disent vouloir souvent de changer le monde. Ça peut sembler naïf pour les gens hors de l’industrie, mais ça reflète l’état d’esprit de toutes les personnes qui s’y trouvent. Éléonore Jarry Ferron n’y fait pas exception «Ce qui m’anime, c’est la possibilité de travailler avec plein d’entrepreneurs qui ont un impact sur plein de personnes», lance-t-elle.

Parce que ces entrepreneurs sont au début de leur carrière et dans une culture qui favorise l’expérimentation, ils n’ont pas peur de prendre des risques et de rêver grand. Les étudiants que Front Row Ventures rencontrent veulent toujours bâtir quelque chose d’énorme qui aura un impact sur l’ensemble de l’humanité. Il y a toujours un volet social associé dans les projets soutenus par la startup d’Éléonore Jarry Ferron, soit il s’agit de sauver une industrie qui va mal comme la startup Pelcro, soit c’est de miser de miser sur des technologies propres ou les sciences sociales.

La diversité est essentielle en capital de risque mais, de l’aveu d’Éléonore, on n’y est pas encore. Elle prend toutefois son rôle très au sérieux.

«Chez Front Row Ventures, on considère que c’est une de nos responsabilités d’instaurer de bonnes valeurs. On forme la nouvelle génération d’investisseurs et d’entrepreneurs et on est à un poste privilégié afin que chaque humain sache qu’il peut être traité avec respect.»

Les trois cofondateurs ont travaillé dur pour atteindre un ratio de 40% de femmes dans leur équipe.

«Pour aller chercher plus de diversité, on a publié des billets sur Facebook expliquant que tout le monde était les bienvenus, rapporte Éléonore. Il n’y a aucune expérience académique minimale nécessaire. On a également décidé que toutes les filles qui se portaient candidates, passaient automatiquement la première ronde et étaient conviées à une entrevue.»

Les trois fondateurs sont très contents des résultats. Et pour cause, les femmes représentent 20% de la main d’œuvre en capital de risque.

Grâce à mon emploi, je rencontre beaucoup de femmes, mais celles avec qui j’aime particulièrement discuter, ce sont les étudiantes. J’aime leur vision optimiste de la vie et du monde des affaires. Je m’y reconnais parce que j’ai choisi de regarder avec positivisme les prochaines années. Et lorsque je rencontre des jeunes filles aussi brillantes qu’Éléonore, mon optimisme est dans le tapis!

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