Yves Provencher/Métro

Se plaindre contre le système routier est pratiquement un sport national à Montréal. Mais comment s’en tire vraiment la ville à l’échelle de la planète ? Montréal obtient en fait une note légèrement supérieure à la moyenne, selon l’application de navigation GPS Waze. Voici les bons et moins bons coups de la métropole québécoise sur les routes.

Qu’est-ce que le Driver Satisfaction Index?
Pour une deuxième année consécutive, le service Waze a compilé les données provenant de ses millions d’utilisateurs dans le monde, afin d’élaborer un index de satisfaction routière. Six critères ont été mesurés par Waze, grâce aux données fournies par les conducteurs au cours de l’année. Le temps de déplacement des membres de la communauté est mesuré automatiquement par l’application, mais ceux-ci peuvent aussi alerter les autres utilisateurs lorsqu’ils croisent un accident, des travaux ou un nid de poule dangereux, ce qui permet au service d’avoir accès à des informations variées.

Waze a ensuite donné une cote de 1 à 10 aux six critères afin de comparer objectivement 235 villes dans le monde rassemblant au moins 20 000 utilisateurs actifs par mois.

Alors que de nombreux indices ne s’attardent qu’au trafic, celui de Waze tente d’avoir une vision plus holistique de la circulation. Voici les différents critères évalués pour l’élaboration de l’index de satisfaction :

Trafic : durée des bouchons, vitesse pendant l’heure de pointe, temps pour se rendre de la maison au travail, densité des constructions, densité des fermetures de routes.

Sécurité des routes : densité des accidents, densité des dangers, qualité de la température.

Qualité des routes : densité des problèmes sur la route, densité des autoroutes.

Services aux conducteurs : quantité de stations-services, de services pour automobilistes et de stationnements.

Données socioéconomiques : l’importance du prix de l’essence, ratio de voitures par rapport à la population.

« Wazeyness » : humeur des conducteurs (telle que rapportée dans l’application).

Comment s’en sort Montréal?
mtl

Montréal obtient dans l’ensemble un pointage moyen, à 6.2 sur 10 (1 étant la pire note, et 10 étant la meilleure). La ville se place au rang 84 dans le monde (sur 186, à cause des égalités), mais au premier rang au Canada, devant Vancouver (5.7) et Toronto (5.4). Le Canada dans son ensemble se place en 16e position sur 38, tout juste devant le Royaume-Uni, mais loin derrière les Pays-Bas (1), la France (2) et les États-Unis (3).

En comparant avec les villes américaines uniquement, Montréal se place à une position moins enviable de 66 sur 81, tout juste derrière San Francisco, mais devant Los Angeles, San Diego et Memphis.

Le détail du pointage de Montréal est tout de même assez intéressant ceci dit, avec des résultats aux extrêmes.

Montréal fait ainsi piètre figure par rapport au trafic (4,4/10), aux services aux automobilistes (3,7/10) et à l’humeur de ses conducteurs (4/10), mais performe par rapport à la sécurité routière (9,3/10), à l’index socioéconomique (9/10) et à la qualité des infrastructures routières (9,5/10).

Plusieurs seront probablement surpris de ce dernier point, mais il faut rappeler qu’il s’agit ici d’une analyse mondiale, qui inclut bon nombre de pays considérablement plus pauvres que le Canada.

Avec une note de 9,5/10, Montréal obtient tout de même une meilleure note sur la qualité de ses routes que toute autre ville analysée en Amérique du Nord, ce qui est assez étonnant. Peut-être que les Montréalais (ils sont 193 000 à utiliser Waze tous les mois) sont tellement habitués aux nids de poules qu’ils les recensent moins sur l’application qu’ailleurs ?

Même s’il faut toujours prendre ce genre d’étude avec un grain de sel, ceux qui souhaitent étoffer leur analyse de l’état des routes à temps pour les discussions du temps des fêtes peuvent le faire en consultant l’index ici.

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