Facebook a lancé cette semaine en version bêta son application de réalité virtuelle Facebook Spaces pour Oculus Rift, une façon pour ses utilisateurs de se rencontrer et d’interagir dans un monde virtuel. Impressions d’une expérience à la fois futuriste et rétro, une version moderne des salles de clavardage des années 90 comme mIRC ou The Palace.

Qu’est-ce que c’est
Facebook Spaces est un logiciel lancé cette semaine en version bêta pour l’Oculus Rift. Il s’agit d’une extension virtuelle du réseau sociale qui est toutefois plus près de Messenger que de Facebook directement. On ne consulte en effet pas le mur de ses amis en réalité virtuelle dans Spaces, mais on interagit plutôt avec eux en temps réel.

Créer son avatar: processus facile, ressemblance douteuse

Chaque utilisateur possède son propre avatar, un personnage bon enfant sans jambes, qui bouge toutefois ses bras selon la façon dont sont tenues les manettes Oculus Touch. Sa bouche s’ouvre quant à elle en fonction des mots qui sont prononcés. L’effet n’est pas parfait, mais suffisant pour donner l’impression que l’avatar parle.

Un peu à la façon des personnages Mii de Nintendo, les avatars Facebook Spaces sont créés une seule fois, puis apparaissent ensuite automatiquement à chacune de nos visites dans l’application.

Une ébauche d’avatar est proposée automatiquement en fonction d’une photo récente, puis il est possible de modifier différentes parties de notre visage comme sa forme, nos cheveux, la couleur de nos yeux, etc.

Facebook a réussi à rendre l’expérience rapide et facile d’utilisation, mais il m’a semblé difficile de recréer un personnage vraiment à mon image. Ici aussi, la ressemblance est toutefois suffisante pour vous permettre de reconnaître qui est dans la pièce avec vous au premier coup d’oeil.

Malheureusement, on ne possède aucun contrôle sur l’expression faciale de l’avatar, qui se veut toujours souriant. L’expression convenait sur le plancher de la conférence F8 où j’ai eu l’occasion d’essayer l’application, mais on peut imaginer qu’elle pourrait rendre l’expérience inconfortable si un sujet plus sérieux était abordé entre les participants.

Ce n’est pas un gros problème, mais c’est quelque chose que Facebook devra corriger éventuellement.

Parmi les bons coups, notons que tous les avatars possèdent une montre intelligente, qui permet de regarder l’heure et de recevoir des messages du monde extérieur.

Qu’est-ce qu’on fait dans une salle?

Facebook Spaces permet d’inviter ses amis dans une salle virtuelle, où chaque avatar est placé autour d’une table. Ceux-ci sont assez prêts pour pouvoir se passer des objets d’un à l’autre, mais assez séparés pour les empêcher de se marcher sur les pieds (au sens figuré).

Quelques outils sont proposés aux utilisateurs, pour dessiner des objets en trois dimensions et pour prendre des photos qui peuvent être partagées sur Facebook, par exemple. Chaque utilisateur a aussi accès à ses photos et vidéos Facebook, qu’il peut partager avec les autres, et à une banque de vidéos en 360 degrés, qui vont alors entourer les participants.

Facebook Spaces est évidemment en version bêta, et il est facile d’imaginer des outils supplémentaires qui pourront être ajoutés avec le temps, pour permettre facilement d’écouter de la musique en groupe, par exemple.

À qui ça s’adresse?
Facebook Spaces est tout de même amusant, mais il est difficile d’imaginer quel est son public cible.

Le côté enfantin des avatars et les activités plutôt ludiques qu’on y retrouve nous forcent un peu à penser aux adolescents et adulescents, mais d’autres pourraient aussi y trouver leur compte, si les conditions étaient réunies. En intégrant Facebook Spaces aux jeux vidéo Oculus Rfit, des joueurs en ligne pourraient par exemple y discuter entre leurs parties, et même regarder leurs meilleurs moments.

Facebook a l’habitude de lancer et d’abandonner rapidement des projets. Espérons que l’entreprise aura plus de patience avec ce logiciel, puisque dans sa forme actuelle, et avec la relativement faible popularité de la réalité virtuelle, Spaces risque de contenir beaucoup de salles vides pour l’instant.

Ce qui ne veut toutefois pas dire que la réalité virtuelle sociale est sans intérêt. Seulement que, comme c’est souvent le cas avec avec cette nouvelle technologie, il s’agit d’un domaine qui est appelé évoluer et à s’améliorer.

Si on en lui laisse le temps, évidemment.

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