Les tarifs chargés aux consommateurs canadiens pour leurs services sans fil pourraient diminuer au cours des prochains mois et des prochaines années, grâce à une décision rendue aujourd’hui par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur les services sans fil mobiles de gros.

Les trois grands joueurs de l’industrie mobile canadienne, Bell, Rogers et Telus, devront diminuer les tarifs qu’ils chargent aux plus petites entreprises de services sans fil pour utiliser leur réseau. C’est ce qu’a annoncé aujourd’hui le CRTC dans une décision attendue, dont le but est d’augmenter la concurrence au sein de l’industrie mobile canadienne.

Un jeu de domino pour diminuer les prix
Dès aujourd’hui, de nouveaux tarifs d’itinérance en gros entrent en vigueur pour Bell, Rogers et Telus. Ces tarifs intérimaires ne devraient toutefois pas vraiment changer la donne pour l’instant.

D’ici le 4 novembre 2015, Bell, Rogers et Telus devront toutefois proposer au CRTC de nouveaux tarifs, plus bas, en fonction des coûts véritables de l’itinérance en gros. Une fois que le CRTC aura statué sur lesdits tarifs, les plus petits opérateurs pourront en profiter et – c’est du moins l’objectif du CRTC – diminuer en conséquence les prix chargés à leurs propres clients.

Si le plan du CRTC fonctionne, les forfaits plus avantageux des petits joueurs pourraient ensuite forcer Bell, Rogers et Telus à revoir les leurs, complétant ainsi le jeu de domino.

Quelle sera l’ampleur de ces diminutions de prix? Cela dépendra d’un côté des tarifs que le CRTC imposera suite aux propositions des trois principaux joueurs en novembre 2015, mais aussi de la volonté des petits opérateurs à transférer les économies réalisées à leurs clients.

Une décision partagée pour les opérateurs virtuels
La décision du CRTC est finalement un peu plus partagée par rapport aux opérateurs virtuels (MVNO), ces réseaux qui existent uniquement grâce aux services sans fil mobiles de gros (comme PC Mobile au Canada, ou le nouveau réseau mobile de Google aux États-Unis, par exemple).

Parmi les bons coups, notons que Bell, Rogers et Telus devront accorder aux MVNO qui auront des ententes avec un petit fournisseur (comme Vidéotron ou Wind) les mêmes tarifs que ceux accordés au petit fournisseur en question.

Contrairement à ce que certains espéraient, ceux-ci ne seront toutefois pas tenus d’offrir un accès à leur réseau aux MVNO directement.

C’est ce dernier point qui aurait probablement eu le plus grand impact à terme sur les prix offerts aux consommateurs, mais le CRTC a probablement accepté l’argument de ceux qui affirment que ces opérateurs virtuels nuisent à long terme aux investissements sur les réseaux mobiles.

Une autre petite poussée pour la concurrence
Même si on ne peut chiffrer la décision d’aujourd’hui, et même si le CRTC aurait pu aller plus loin en forçant les opérateurs à offrir leurs services de gros aux MVNO, tout indique que le les tarifs imposés devraient à terme avoir un impact positif sur la concurrence dans l’industrie des services sans fil au Canada.

Voilà quelques années maintenant que le CRTC prend des décisions de la sorte. Espérons que l’impact sur les forfaits offerts aux consommateurs sera plus grand cette fois-ci.

Au pire, l’organisme pourra toujours revenir un jour sur sa décision et faciliter l’arrivée des MVNO lorsque le besoin s’en fera sentir.

Aussi dans Vie numérique :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!