Il est maintenant possible d’acheter les vêtements intelligents d’OMSignal dans un magasin plutôt qu’en ligne, grâce au lancement la semaine dernière d’une boutique éphémère de la compagnie montréalaise à San Francisco, la première du genre dans le monde.

C’est au quatrième étage du prestigieux Westfield Mall de San Francisco qu’OMSignal s’est installé, dans un local qui n’a rien des petites boutiques éphémères habituelles. L’espace est grand, bien meublé, et des installations sportives comme un vélo stationnaire permettent de tester les vêtements de l’entreprise directement sur place. Située parmi les Nordstrom et Bloomingdale’s, la startup québécoise aurait difficilement pu demander mieux comme premier départ.

« J’aurais aimé prendre le crédit pour tout ça, mais non, c’est le Westfield Mall qui a tout fait », confie Stéphane Marceau, PDG et cofondateur de l’entreprise rencontré lors de l’ouverture officielle de la boutique en Californie le 28 mai dernier.

« Ce sont eux qui nous ont contacté, ils nous ont offert cet espace, ils nous ont aidé à le meubler », ajoute le PDG, visiblement fier du résultat.

Un coup de chance? Un peu, mais en même temps, pour un centre commercial haut de gamme en plein coeur de la Silicon Valley, une boutique comme celle OMSignal, à mi-chemin entre la mode et la technologie, était tout indiquée.

Ici pour apprendre
OMSignal aura un horaire chargé au cours des prochains mois, alors que l’entreprise voudra profiter de son expérience au maximum.

« Nous ne sommes pas ici pour faire de l’argent, mais bien pour apprendre », explique Stéphane Marceau.

Est-que le vendeur doit venir tout de suite lorsque le client arrive? Faut-il installer les chandails sur des supports? Le vendeur doit-il suggérer d’essayer les vêtements? OMSignal a préparé une liste d’une centaine d’éléments à tester, afin de voir comment vendre un vêtement intelligent dans un environnement physique.

« Nous voulons appliquer la discipline de l’analyse web à la vente au détail », précise l’homme d’affaires montréalais. « Ce que nous allons apprendre ici va nous être utile pour notre propre marque, mais aussi pour nos partenaires. »

Pour simplifier l’expérience, OMSignal a d’ailleurs choisi que de ne vendre qu’un seul produit dans sa boutique éphémère. « On a déjà une centaine de tests à faire, on ne veut pas en avoir plus », lance Stéphane Marceau.

Des vêtements intelligents
Le produit vendu par OMSignal dans sa boutique est un gilet intelligent, conçu avec des fibres conductrices pour capter différents signaux comme le rythme cardiaque de l’utilisateur, la profondeur de sa respiration et son électrocardiogramme.

« En captant les signaux directement sur le corps, on obtient des mesures beaucoup plus précises que sur le poignet », explique le PDG, lui-même avec un gilet sous son veston. Il est ensuite possible de consulter différentes données, comme ses calories brûlées et la qualité d’un entraînement, sur une montre connectée ou un téléphone intelligent.

Pour créer un tel vêtement, OMSignal a dû s’entourer d’experts de différents milieux, notamment de la technologie et de la santé, mais aussi de la mode.

« Montréal a une longue histoire avec le textile. La production est peut être déménagée en Asie, mais on a encore de grands penseurs de cette industrie », médite Stéphane Marceau.

Son entreprise d’une cinquantaine d’employés n’est d’ailleurs pas la seule du genre à Montréal. Carré technologies – qui a d’ailleurs poursuivi OMSignal l’année dernière pour une question de propriété intellectuelle -, est aussi un autre leader dans le milieu, avec sa marque Hexoskins.

La concurrence pourrait toutefois augmenter d’un cran au cours des prochains mois, avec l’arrivée de Google, qui a dévoilé la semaine dernière son projet Jacquard, pour créer des vêtements connectés. Le géant de l’Internet s’est même associé à Levi’s pour lancer un vêtement doté de cette technologie.

« D’ici quelques années, les vêtements intelligents vont être la norme, croit Stéphane Marceau. Quand tu vas acheter un sous-vêtement ou un gilet, tu ne demanderas pas s’il va être intelligent ou non, tu vas assumer qu’il l’est », avance-t-il.

« C’est vers là qu’on se dirige. »

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