En 1992, à une époque où le simple fait de consommer du «pain brun» était excentrique, une petite boulangerie artisanale ouvrait ses portes à Vaudreuil-Dorion: Première Moisson.

Fondée par Liliane Colpron et ses trois enfants, Bernard, Josée et Stéphane Fiset, l’entreprise a fait découvrir le pain français à bien des Québécois, à une époque où les boulangeries artisanales étaient quasi inexistantes dans la province. Eux, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, avec un beau-père français et boulanger. Mais au Québec, c’était encore méconnu.

Josée Fiset

«Ce qui a été le plus difficile pour nous, ç’a été de faire comprendre aux gens que la croûte, c’est bon», explique Josée Fiset, cofondatrice et vice-présidente de Première Moisson. «Les gens voulaient une baguette pas cuite et je leur tenais tête», dit la femme d’affaires, qui a «toujours refusé de vendre du pain mou».

«Tes baguettes sont trop cuites, elles font mal aux  dents.» «Il y a des trous dans ton pain.» «Ton pain moisit.» Ce sont là quelques commentaires récurrents auxquels devait répondre son équipe en boutique les premières années. Il a donc fallu redoubler de patience pour expliquer aux consommateurs ce qu’est un «bon pain artisanal».

«Ce qui a stimulé la création de Première Moisson, c’est qu’on ne voulait pas faire les choses comme elles se faisaient dans l’industrie. On a voulu faire ce que les gens croyaient impossible de faire» – Josée Fiset, cofondatrice de Première Moisson

«Il fallait que je montre, que je fasse goûter, que j’explique pourquoi c’était bon. Je faisais venir les clients derrière pour leur montrer le four à bois et leur expliquer comment on faisait le pain», se rappelle Mme Fiset en mentionnant, pas peu fière, que le pain est encore fait à la main dans les 26 boulangeries de la chaîne.

Et les dizaines de variétés de pain sont faites par une centaine de vrais boulangers chaque nuit, se targue la vice-présidente. Ils doivent être des experts, parce qu’«[ils doivent] s’adapter à l’humidité, à la température, aux farines, qui diffèrent d’un lot à l’autre, puisqu’elles sont naturelles».

L’aspect naturel et sain de ses produits est une règle fondamentale de l’entreprise. Pour s’assurer de la qualité de sa matière première – la farine –, 350 champs de blé sont cultivés en agriculture raisonnée pour approvisionner les boulangeries en farine. «Les fournisseurs sont obligés de nous suivre, dit-elle avec conviction. On fait changer les choses si elles ne nous conviennent pas.»

Avec 26 boulangeries et des produits dans toutes les épiceries Métro du Quebec, on peut encore suivre ces préceptes stricts? «Oui! Notre défi, c’était de grandir et de dire que c’était possible de le faire en respectant nos valeurs, nos clients, nos employés et nos fournisseurs. Nos valeurs font partie de l’ADN de l’entreprise, elles sont non négociables.»

Après 25 ans d’éducation et d’innovation, force est de constater qu’avec de petites boulangeries artisanales dans tous les quartiers de la métropole et de jeunes boulangers créatifs (dont quelques-uns ont d’ailleurs été formés à Première Moisson même), les papilles des Montréalais sont aujourd’hui acquises au bon pain croûté. «Je pense qu’on a une qualité de boulangerie exceptionnelle au Québec et qu’on n’a rien à envier à la France!» conclut fièrement Josée Fiset.

Quelques dates

  • 1992. Ouverture de la première boulangerie Première Moisson à Vaudreuil, en Montérégie.
  • 1994. La première succursale montréalaise de Première Moisson ouvre ses portes
    au marché Jean-Talon.
  • 2007. L’entreprise s’associe aux Moulins de Soulanges pour produire sa farine sans produits chimiques.
  • 2014. Métro achète 75 % des parts de l’entreprise. Des produits de la boulangerie sont alors distribués dans les succursales
    du supermarché.
  • 7 juillet 2017. Dans le cadre du 25e anniversaire, 10 000 baguettes seront distribuées gratuitement dans toutes les succursales de 11h à 14h.

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