Originaire de la Colombie, Saul Polo vit au Québec depuis maintenant 30 ans.

La vie que ses parents rêvaient pour lui, il a réussi à se la créer. Employé à la Banque Laurentienne depuis trois ans, il a établi sa jeune famille à Laval. Il pourrait se contenter de son petit bonheur, mais Saul ne ménage néanmoins aucun effort pour s’impliquer auprès de la communauté et pour rendre son monde meilleur.

Saul Polo a débarqué à Montréal en février 1982 avec ses parents et son jeune frère. Il avait alors six ans. «Mon père était venu à Montréal en 1975 pour apprendre l’anglais. C’était l’effervescence des Jeux olympiques, le boom post-Révolution tranquille. Mon père a été séduit par le Québec. Par ce pays d’opportunités, de droit et d’égalité. Lorsqu’il est rentré en Colombie, un an plus tard, sa décision était prise : il voulait y retourner pour s’y établir.»

La famille colombienne met sept ans à amasser les fonds nécessaires pour réaliser son projet. «C’était surtout une décision économique, explique-t-il. En Colombie, peu importe comment tu travailles, la progression sociale est presque impossible. Mes parents sont issus de la classe ouvrière et ils souhaitaient pour mon frère et moi un meilleur avenir. Ils voulaient que l’on puisse avoir la chance d’aller à l’université et d’avoir un jour un bon emploi.»

À leur arrivée en sol québécois, la famille s’installe dans Parc-Extension. Saul et son frère font leurs études primaires et secondaires en français dans des écoles fréquentées principalement par des enfants d’immigrants.

«J’évoluais dans des environnements très multiethniques, donc je n’ai pas vécu le choc de l’immigration en arrivant. À l’école comme dans mon quartier, on provenait tous de cultures différentes et on se rejoignait dans nos différences.»

Après son passage au Cégep Édouard-Montpetit, Saul choisit de poursuivre ses études en gestion aux HEC Montréal et de se spécialiser en finances.

Il œuvre dans le domaine depuis maintenant 12 ans. Aujourd’hui, il est spécialiste de produits chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Ses fonctions l’amènent à faire de la consultation, du développement d’affaires et de la gestion de projet interne.

«Je suis choyé de travailler pour une banque québécoise, se réjouit-il. Et puis j’œuvre dans une profession et dans un milieu que j’adore. L’industrie évolue selon les cycles économiques. Ça fait partie de notre quotidien de vivre avec les aléas du système financier et de la Bourse. C’est à la fois euphorisant et difficile. C’est ce qui fait la beauté de notre travail.»

En marge de son emploi à la Banque Laurentienne, Saul s’implique énormément dans différents réseaux d’affaires depuis 10 ans. Parmi ses nombreuses réalisations, il a co-fondé en 2003 l’Association des professionnels colombiens du Québec, qui est devenue, quatre ans plus tard, la Chambre de commerce latino-américaine du Québec.

«D’un point de vue professionnel, c’est très intéressant puisque ça facilite le développement des relations d’affaires et la création de réseaux. Mais c’est surtout, pour moi, un besoin personnel. Le Québec m’a beaucoup donné et j’en suis extrêmement reconnaissant. M’impliquer dans différents milieux est une façon de donner à mon tour.»

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont bien réussi dans leur milieu de travail.

L’émission de Radio-Canada International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage, disponible sur le site

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