Près de 35 ans après l’arrivée du premier walkman, qui démocratisait l’écoute individuelle de la musique, les travailleurs d’aujourd’hui ont la possibilité de s’isoler dans leur milieu de travail avec un simple casque d’écoute.

Dans certains bureaux, on préfère cependant ouvrir la radio et synthoniser «Ma musique au travail» à la station Rouge FM. Qu’en est-il des effets de la musique sur la productivité et l’ambiance au travail?

Pour Debbie Carroll, musicothérapeute et professeure au département de musique de l’UQAM, écouter de la musique est devenu un geste quotidien. Et comme celle-ci fait «la promotion d’un état positif, il est donc logique d’en écouter au travail, dit-elle, surtout si cela amène la détente et la relaxation.»

Cela ne saurait être vrai pour la totalité des travailleurs. Être plus détendu ou relaxé en présence de musique n’est pas une réalité partagée par tous, explique Mme Carroll. «Certains ne peuvent pas en écouter en travaillant, précise-t-elle. Comme la musique est un autre langage, pour eux, il peut être difficile de travailler, même avec un fond musical.»

Pour les autres, «il est certain qu’elle va amener une plus grande productivité, car la musique permet une meilleure motivation et une meilleure concentration», souligne Debbie Carroll.

Mais quelle musique?
La musicothérapeute croit que les patrons et décideurs doivent permettre à leurs employés d’entendre leurs airs préférés. Une question de bonne entente et de productivité, croit Mme Carroll.

«Ce qui est dérangeant, c’est une musique de fond centralisée, qui n’est pas contrôlée par le travailleur. C’est contre-indiqué pour la productivité, ajoute-t-elle. Les recherches démontrent qu’il est plutôt préférable que chacun puisse choisir la musique qu’il écoute sur son lieu de travail.»

Exit, donc, les compilations mielleuses spécialement conçues pour les après-midi au bureau, et vive la diversité et le libre arbitre dans les choix musicaux. De plus, il serait faux de croire qu’un style de musique en particulier, le classique ou le jazz par exemple, aurait de meilleurs résultats sur la productivité, ajoute Debbie Carroll.

Isolement contrôlé
Mais qu’arrive-t-il si tout le monde est branché sur sa musique dans son coin? Le choix de s’isoler avec sa musique, écouteurs aux oreilles, doit être fait pour des raisons valables. Cette option ne doit pas couper complètement le travailleur de son environnement, du moins, pas pour la totalité des heures travaillées. Des périodes alternées d’écoute, casque sur les oreilles, et de participation à l’ambiance de son lieu de travail constituent la meilleure cohabitation possible.

Debbie Carroll croit que certains mandats sont aussi propices à une écoute collective de musique. «Hormis les moments de travail individuel, et surtout lorsqu’il s’agit d’une collaboration, il peut être positif d’écouter de la musique en équipe», croit-elle. Il faut simplement s’assurer que nos collègues partagent un tant soit peu nos goûts musicaux!

La musique, si elle peut permettre de se retirer pour être plus productif, peut aussi rassembler et unifier les forces de collègues en mal de sentiment d’appartenance.

Votre équipe a-t-elle une chanson fétiche?

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