Métro Selon des études américaines, les activités parascolaires ne seraient plus nécessairement positives si elles dépassent 20 heures par semaine.

Après la course du matin pour préparer les lunchs, habiller les enfants et les conduire à l’école à l’heure, le marathon continue pour plusieurs familles le soir, alors qu’il faut souper et faire les devoirs en vitesse pour ne pas être en retard à la pratique de soccer ou au cours de piano. Le jeu en vaut-il la chandelle? Tour d’horizon.

Les études sont unanimes: la participation à des activités parascolaires comporte énormément de bénéfices, affirme d’emblée Anne-Sophie Denault, professeure agrégée de psychoéducation à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Que ce soit sur le plan scolaire ou pour combattre des troubles de comportement, des symptômes dépressifs ou le décrochage scolaire, les effets positifs sont très nombreux.

Et la diversité des activités serait plus déterminante que leur intensité. «L’exploration de différents domaines aidera l’enfant dans sa recherche d’identité, lui permettra de faire différents apprentissages, de développer d’autres habiletés, d’être en contact avec un groupe de pairs différents et d’autres adultes», fait valoir la chercheuse.

Julie en témoigne. Cette mère de deux garçons de 13 et 15 ans a inscrit ses enfants à diverses activités dès l’âge de 2 ans dans sa municipalité, à L’Île-Perrot. Cours de natation pour débuter, puis des cours de gymnastique au sol à quatre et six ans. S’enchaînent ensuite des cours de tennis, de baseball ou de soccer, de judo, d’escrime, de ski de fond, de piano et du scoutisme. «Je trouvais important qu’ils voient d’autres enfants et qu’ils apprennent des choses différentes, des mouvements du corps différents», dit-elle.

«Si les seuls moments passés avec son enfant sont dans la voiture entre deux activités, il faut peut-être se demander si on ne devrait pas plutôt prendre un temps d’arrêt et passer vraiment du temps de qualité avec lui.» – Nancy Doyon, coach familiale

 

Bénéfiques, mais pas miraculeuses
Anne-Sophie Denault met par ailleurs en garde contre la tendance de voir les activités parascolaires comme la solution miracle à tous les problèmes. «Elles contribuent au bien-être de l’enfant, mais c’est un seul contexte parmi d’autres», souligne-t-elle. Les contextes scolaire, familial et social sont autant, sinon plus déterminants. La clé est de trouver un sain équilibre dans tous ces aspects de la vie.

La coach familiale Nancy Doyon fait pour sa part valoir qu’il n’est pas bénéfique de surcharger l’horaire d’un enfant avant la deuxième année du primaire. Les petits ont besoin de temps de jeu libre, dit-elle. Toutes les études qui se sont penchées sur les effets des activités parascolaires se concentrent d’ailleurs sur les élèves du secondaire.

Les enfants de Julie ont pour leur part participé à une seule activité par semaine jusqu’à l’âge de 4 ans, à 2 jusqu’à 8 ou 10 ans, pour passer à 3 par la suite. Deux soirs de semaine et une journée de fin de semaine y étaient alors consacrés. N’était-ce pas fatigant pour les parents et pour les enfants? «Oui, parfois!» confie-t-elle. Étant de nature très active, ce rythme lui convenait bien. Mais son plus vieux trouvait l’exercice trop fatigant en 6e année. «Il disait à ses professeurs qu’il n’avait pas eu le temps de faire ses devoirs parce qu’il avait trop d’activités», se souvient Julie. Dès le 1er secondaire, il arrête donc plusieurs activités pour ne garder que le ski de fond le samedi, et choisit par la suite de s’inscrire aussi dans les cadets, voulant devenir pilote d’avion.

La clé du succès est encore une fois dans l’équilibre. Selon des études américaines, les activités parascolaires ne seraient plus nécessairement positives si elles dépassent 20 heures par semaine. «Mais ce phénomène ne concerne que 5% des ados», précise Anne-Sophie Denault, qui croit qu’on devrait se concentrer davantage sur les nombreux élèves qui ne participent à aucune activité que sur les rares enfants qui en font trop.

Oui mais…
La coach familiale Nancy Doyon, qui a fait des activités parascolaires un de ses chevaux de bataille, croit qu’il faut éviter l’automatisme que nous avons d’inscrire les enfants à des tas d’activités.

«Les activités parascolaires peuvent être très bénéfiques, mais il y a aussi des enfants qui ont avantage à avoir des soirées plus calmes pour se reposer, met-elle dans la balance. Il faut que les enfants bougent, mais est-il obligé qu’ils soient dans une activité structurée, où ils doivent encore une fois suivre des consignes? Pourquoi ne pas faire une bataille de boules de neige avec papa, ou du vélo, des trucs qui ne sont vraiment pas engageants?»

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