Des étudiants de l’Université Concordia condamnent les pratiques abusives de certains propriétaires de logement à l’endroit des étudiants étrangers. Depuis deux semaines, le service de soutien aux étudiants, Hojo, a reçu une trentaine de plaintes concernant des propriétaires qui exigeaient le paiement de deux à six mois de loyer à l’avance, des frais excessifs pour la sous-location d’un logement ou des renseignements privés tels que le numéro de passeport.
«Ceci n’est que la pointe de l’iceberg puisque des étudiants arrivent encore à Montréal», a fait savoir la coordonnatrice de Hojo, Leanne Ashworth. Selon elle, le phénomène pourrait être beaucoup plus répandu puisque les étudiants étrangers ne connaissent pas ou peu les lois du Québec en matière de logement.
«Ils pensent qu’ils n’ont pas de droit parce qu’ils sont ici sur une base temporaire», a rapporté le coordonnateur du Bureau d’information juridique de l’association étudiante de l’Université Concordia, Walter Tom. Pour contrer le phénomène, Hojo bannira de sa base de données les noms des propriétaires abusifs et recueillera des informations sur les étudiants floués.
Toutefois, l’organisme croit que des mesures doivent être prises à plus grande échelle. Pour ce faire, des informations compilées par le service de soutien aux étudiants ont été transmises à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse afin qu’elle mène une enquête sur les propriétaires trop exigeants. La Régie du logement tente aussi de freiner le phénomène en informant les nouveaux arrivants. «Sur demande, on donne régulièrement des séances d’information aux étudiants étrangers», a indiqué le porte-parole de la régie, Jean-Pierre Le Blanc.
Contre les pratiques abusives
La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) ne cautionne pas les pratiques abusives dont sont notamment victimes les étudiants étrangers de l’Université Concordia. «Parce qu’il y a eu des mauvaises expériences dans le passé, des étudiants ou de nouveaux arrivants ont de la difficulté à louer un logement», a expliqué hier le porte-parole de la CORPIQ, Hans Brouillette. Pour résoudre en partie le problème, la CORPIQ propose d’autoriser les propriétaires à demander le dépôt de sécurité. Celui-ci est déjà légalisé aux États-Unis, en Europe et même dans le reste du Canada, selon M. Brouillette.