Jean Verville: le vent dans les voiles
Après avoir travaillé dans quelques-uns des plus grands bureaux d’architecture de la métropole, Jean Verville a décidé de fonder son propre atelier en 2004. Depuis, il parfait son art avec des projets qu’il choisit avec soin. Autant au Québec qu’à l’extérieur de ses frontières, il développe une pratique bien à lui, où la conception architecturale domine et où il explore son approche minimaliste.
En décembre, deux de ses projets ont été récompensés par des Prix Intérieurs Ferdie, qui soulignent l’excellence en design d’intérieur au Québec. Le projet Westmount Square a reçu le Prix Résidentiel dans la catégorie 1 600 à 3 200 p2, et le projet Maison Garnier a pour sa part reçu le Prix de la relève.
Même s’il n’est plus un débutant, Jean Verville est très heureux d’avoir reçu ce Prix. Dans le milieu, on dit qu’un architecte atteint sa pleine maturité à 50 ans; le créateur québécois est encore loin du compte! Il est content que son travail pour le projet Maison Garnier ait été récompensé, car il s’agit d’une initiative très personnelle. La Maison Garnier est en fait sa maison à lui; c’est un bungalow du Plateau Mont-Royal datant de 1910, de 880 p2, qu’il a transformé en un espace de vie contemporain avec un budget de 140 000 $.
«C’est très difficile de travailler pour soi; le degré d’exigence est augmenté, confie l’architecte. Le grand défi du projet était d’arriver à mettre sur un petit étage, deux chambres, une salle de bain, une salle de toilettes séparée, le chauffe-eau, la laveuse, la sécheuse et du rangement. Il a fallu optimiser certains espaces et dissimuler des éléments afin de décupler le sentiment d’espace.»
Petit budget oblige, le concepteur a également décidé de pousser son approche minimaliste plus loin en privilégiant des matériaux simples et peu coûteux, comme le Gyproc et les portes pliantes. «On a fait une relecture de ces matériaux, qui sont depuis longtemps considérés comme des éléments de sous-sol, explique celui qui se dit très influencé par l’architecture nippone. On les a dépoussiérés et revus de façon contemporaine.»
Le résultat? Un projet travaillé de façon très sculpturale, dans un concept de simplicité affirmée, où le blanc domine. «Sur photo, le blanc peut paraître figé, mais en réalité il est très apaisant et chaleureux, car la lumière y ajoute des ombres et des effets de couleurs», assure Jean Verville.