Métro L’organisme D’un couvert à l’autre accompagne 140 personnes schizophrènes par année, leur permettant d’éviter l’hôpital et de sortir de l’aide sociale.

Un organisme communautaire de Longueuil offrant du soutien à l’insertion sociale et professionnelle des personnes schizophrènes estime qu’il devra cesser ses activités dès vendredi s’il n’obtient pas une aide financière d’urgence.

Nathalie, 36 ans, fréquente l’organisme D’un Couvert à l’autre (DCL) en moyenne trois fois par semaine. Elle a été mise en contact avec l’organisme par des intervenants à sa sortie de l’Hôpital Charles-Le Moyne, où elle était hospitalisée pour sa schizophrénie. «J’ai pu échanger avec des gens dans la même situation que moi et apprendre à mieux me comprendre», a témoigné la jeune femme.

Présentement en recherche d’emploi, Nathalie demeure active en allant faire du bénévolat à DCL. «Avant de venir ici, je ne faisais plus rien. Là, ça me permet d’avoir une routine, de respecter un horaire et de pratiquer ma concentration dans un environnement compréhensif», a-t-elle souligné.

DCL accompagne ainsi environ 140 personnes par année, en leur offrant un soutien personnalisé. L’organisme calcule qu’il a permis au gouvernement d’économiser plus de 7M$ depuis sa création en 2001, en permettant à des personnes vulnérables de sortir de l’aide sociale et d’éviter l’hôpital. À titre d’exemple, 53 personnes l’ayant fréquenté ont quitté l’aide sociale.

Les activités communautaires de DCL sont financées avec les revenus de son imprimerie, un entreprise d’économie sociale qui emploie 16 personnes atteintes de schizophrénie, de même que grâce à des collectes de fonds. Ces collectes de fonds sont toutefois de moins en moins efficaces. «En 2009, on était capables de récolter 200 000$, mais là, c’est beau si on ramasse 25 000$», se désole Jerry Prindle, cofondateur de l’organisme.

M. Prindle estime donc que DCL aurait besoin d’une aide financière récurrente de 200 000$ par année pour continuer à faire le travail comme il le fait, et de 30 000$ d’ici la fin de la semaine pour garder ses portes ouvertes. Lui et ses collègues essaient pour la quatrième fois d’avoir du soutien financier via le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux, ayant toujours essuyé un refus. Ils n’ont pas encore eu de réponse pour cette année. Toutefois, comme la situation est urgente, ils souhaiteraient obtenir des fonds du budget discrétionnaire de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Nathalie croit que ce serait dramatique si l’organisme devait fermer. «Je connais des gens qui se sont retrouvés à l’hôpital pendant la période des Fêtes parce que DCL était fermé temporairement», s’est-elle rappelée.

Les menaces qui planent sur DCL inquiètent plusieurs acteurs des milieux communautaires, politiques et de la santé. Des directrices de l’ancien Centre de santé et de services sociaux Pierre-Boucher, la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire, la députée du Parti québécois Diane Lamarre et la Table Itinérance Rive-Sud ont récemment rédigé des lettres d’appui à l’organisme.

L’attachée de presse de Lucie Charlebois, Alexandra Bernier, a indiqué à Métro que la ministre suivait le dossier, mais que les fonds adoptés par le biais de son budget discrétionnaire ne pourraient pas être annoncés avant l’adoption des crédits des ministères, soit dans plusieurs semaines.

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