Josie Desmarais/Métro David Dumais

Il y a deux ans, David Dumais faisait partie des 250 000 Canadiens infectés par l’hépatite C. En cette journée mondiale contre l’hépatite, plusieurs médecins, chercheurs et organismes réclament davantage d’efforts gouvernementaux pour aider les personnes comme lui à s’en sortir.

Le sourire de David est radieux lorsqu’il raconte à Métro son bonheur d’être guéri. «Les traitements ont été difficiles, mais ça en a valu la peine, affirme cet homme de 47 ans. Je me sens beaucoup mieux. Avant, j’étais tout le temps fatigué.»

Comme beaucoup de personnes atteintes du virus de l’hépatite C (VHC), David était un utilisateur assidu de drogues injectables et il a longtemps vécu dans la rue. En fait, 68 % des utilisateurs de drogues injectables sont porteurs du virus, selon l’organisme Cactus Montréal.

David fait partie de ceux qui ont bénéficié des services d’accès à des seringues propres, à des intervenants sociaux et à des soins de santé de Cactus Montréal. «Ça m’a pris du temps pour retrouver confiance en les autres et confiance en moi. À un moment donné, j’ai été prêt à prendre soin de moi», a-t-il confié.

La directrice générale de Cactus Montréal, Sandhia Vadlamudy, croit qu’il serait possible d’aider plus de gens si son organisme obtenait plus de financement public. Par exemple, le projet d’accompagnement VHC mis sur pied il y a un an avec le soutien d’une entreprise privée, AbbVie, donne des résultats prometteurs.

«Sur une base hebdomadaire, on accompagne une dizaine de personnes de façon individualisée. Deux personnes ont déjà terminé complètement leurs traitements, dont une qui a une guérison confirmée», a expliqué Mme Vadlamudy. Mais l’avenir du programme est incertain en l’absence de financement public, si bien que la directrice générale ne sait pas s’il pourra être reconduit pendant une année supplémentaire.

Cactus, dont le budget annuel est d’environ 2 M$, observe une hausse de l’achalandage à ses services, mais son financement provenant des gouvernementaux fédéral, provincial et municipal reste le même depuis des années. «On voudrait être ouverts 24 heures sur 24, sept jours sur sept, mais en ce moment, ce n’est pas possible», a souligné Mme Vadlamudy.

La Dre Emmanuelle Huchet, qui traite de nombreux patients atteints du VHC dans cette clinique spécialisée du Quartier latin, est aussi d’avis que la collaboration entre le réseau de la santé et les organismes comme Cactus est essentielle pour rejoindre les groupes marginalisés. «Ils ne viennent pas nous voir, alors il faut aller vers eux», a-t-elle noté, convaincue que les 2 000 nouveaux cas d’infection annuels au Québec pourraient être évités par la prévention et les traitements.

Le Réseau canadien sur l’hépatite C réclame un plan d’action national qui inclurait notamment un programme de dépistage systématique pour les groupes à risque, plus d’efforts d’intégration des groupes marginalisés dans le réseau de santé et la mise en œuvre de stratégies de prévention. Ainsi, on pourrait éliminer complètement le VHC au Canada d’ici 2030, un objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé, croit Naglaa Shoukry, chercheuse au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

«Les coûts associés à l’hépatite C ont presque doublé au cours de la dernière décennie pour atteindre 300 M$ par année, a fait remarquer
Mme Shoukry.  Si on ne fait rien, ça va continuer de doubler. On va manquer le bateau et arriver dans quelques années avec des gens qui auront besoin de greffes de foie et qui auront développé des maladies graves, comme le cancer du foie.»

Quelques faits sur l’hépatite C

L’hépatite C est provoquée par un virus transmissible par le sang qui s’attaque au foie à des degrés divers, les cas les plus graves pouvant nécessiter une greffe.

•    Trois fois plus de Canadiens sont affectés par l’hépatite C que par le VIH/sida.
•    Environ 44 % des Canadiens infectés ignoreraient qu’ils le sont.
•    Les médicaments antiviraux permettent de guérir au moins 90 % des gens. infectés.

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