Patrick R. Bourgeois Une lucernaire des fonds marins du Saint-Laurent

Jusqu’à dimanche, la Semaine du Saint-Laurent propose 40 activités gratuites aux Québécois, et Métro a profité de l’occasion pour s’entretenir avec le plongeur et photographe Patrick R. Bourgeois, qui publiait en mai, avec sa conjointe Geneviève Bilodeau, le livre Québec profond – Splendeurs du fleuve-mer.

En introduction de votre livre, vous parlez de la chance que vous avez eue de grandir près du fleuve, tout en précisant que, même parmi les gens qui habitent tout près, rares sont ceux qui ont conscience de la beauté du Saint-Laurent. Est-ce que ce livre a changé vos propres perceptions?
Oui. J’ai grandi à Baie-Comeau, et le Saint-Laurent coulait tout près de nos maisons. Mais comme Baie-Comeau est une ville industrielle, la plupart des gens considéraient le fleuve comme pollué. Je me rappelle avoir été en voilier avec le père d’un de mes amis et avoir eu peur de recevoir de l’eau sur moi parce que j’étais sûr qu’elle était toxique! Depuis, un travail important a été fait pour améliorer l’eau du Saint-Laurent en termes de rejets industriels, bien que des menaces demeurent.

Plus tard, je me suis installé en Gaspésie. J’avais une maison sur le bord du fleuve, et là aussi, j’ai observé des comportements semblables à ceux que j’avais connus à Baie-Comeau. Les Gaspésiens ne profitaient pas du fleuve. Puis, j’ai commencé à faire du kayak de mer. Ma passion de jeunesse pour l’univers sous-marin est revenue, et j’ai alors décidé d’obtenir mes accréditations de plongée. J’ai fini par devenir instructeur. Je n’avais jamais rien vu de semblable aux animaux que je croisais durant mes sorties de plongée! C’est vraiment pour faire découvrir aux gens toute cette beauté-là que j’ai commencé à faire de la plongée commerciale et à former et guider les gens.

Comment l’idée du livre Québec profond a-t-elle mûri?
J’ai rencontré Geneviève, et elle est tombée sur mes images destinées à m’attirer des clients en plongée sous-marine. Elle m’a dit que je ne pouvais pas garder ça pour moi et mon petit groupe de plongeurs. Au Québec, les plongeurs représentent quelques milliers de personnes tout au plus. Elle me disait : «Il faut absolument élargir le spectre.» C’est comme ça qu’est né ce projet de livre. Pour nous, c’était vraiment une façon de transmettre l’étonnement qu’on a éprouvé lorsqu’on a mis la tête sous l’eau pour la toute première fois dans le Saint-Laurent.

«Je regarde des documentaires animaliers depuis que je suis petit garçon. À la blague, je dis souvent que je connais par cœur ce qui se passe dans la plaine de Serengeti, en Afrique, et pourtant, je ne connaissais rien du Saint-Laurent!» – Patrick R. Bourgeois

Vous êtes un militant indépendantiste. Vous vous êtes d’ailleurs présenté pour Option nationale dans Viau. Est-ce que cette réappropriation du fleuve est pour vous liée à la souveraineté du Québec?
C’est très lié! Pour moi, un pays, c’est d’abord un territoire, avant même de considérer la langue et l’histoire. Si je veux que le Québec devienne un jour un pays, c’est pour les gens qui l’habitent, mais aussi parce que je considère qu’on a un territoire unique au monde. Le Saint-Laurent est un cours d’eau extraordinaire, et on a une responsabilité en tant que peuple québécois, mais aussi en partenariat avec les Amérindiens. Quand je fais de la plongée sur la Côte-Nord, il y a encore des coins où l’écosystème semble être demeuré intact. On ne peut pas laisser ça se faire détruire. Ensuite, quand on commence à vouloir s’attaquer aux problèmes qui concernent le Saint-Laurent, on est rapidement aux prises avec les juridictions politiques. Le Saint-Laurent est de juridiction fédérale. Si on prend par exemple les problèmes d’acidification, c’est un enjeu international, et le Québec n’a pas vraiment son mot à dire sinon par l’entremise d’Ottawa.

Pour commander le livre Québec profond – Splendeurs du fleuve-mer
www.quebecprofond.com

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