Pour l’année 2019, le grand défi que s’est donné la direction générale de la Ville de Montréal, dirigée depuis presque quatre mois par Serge Lamontagne, vise la signature d’un nouveau pacte fiscal avec le gouvernement du Québec.
«C’est un enjeu important et on est déjà à l’œuvre, a reconnu lundi M. Lamontagne, devant les élus siégeant à la commission des finances. Notre équipe est en train de faire une analyse du dernier pacte et de voir aux ententes sectorielles. On veut finaliser une stratégie de win-win pour la Ville et le gouvernement.»
Le président du comité exécutif, Benoît Dorais, a indiqué jeudi dernier, lors de la présentation du budget 2019 de la Ville de Montréal, que ce pacte «devra faire accroître et diversifier les sources de revenus pour Montréal et les autres villes de la province. La mairesse Valérie Plante avait aussi convenu que ses espoirs «sont immenses» à quelques mois du lancement des négociations. «On doit aller chercher des nouvelles manières de diversifier nos revenus», a-t-elle indiqué, reconnaissant que le taxe foncière incarne «une trop grande partie» des revenus de la Ville.
La direction générale souhaite également «trouver une vocation» à l’Îlot Voyageur» en 2019. Une partie de celui-ci a été achetée le 22 août dernier par la Ville de Montréal. «Ça fait 15 ans que cet endroit-là attend qu’on lui donne une raison d’être. Le but, ce sera de travailler avec l’arrondissement Ville-Marie et des partenaires externes pour trouver rapidement une vocation à ce site-là», a dit le directeur général de Montréal à ce sujet.
La fusion de plusieurs bureaux spécifiques est aussi prévue.
«On est dans une logique inverse de création de postes de direction avec le budget 2019, dans une optique de rationalisation, pour que les gens travaillent mieux ensemble.» – Serge Lamontagne, directeur général de la Ville de Montréal
Voitures autonomes et priorités internationales
Le Laboratoire d’innovation urbaine, qui relève aussi de la direction générale, sera quant à lui chargé de soutenir les essais de véhicules autonomes sur des rues ciblées, en plus de concrétiser la stratégie de déploiement du wifi public dans la métropole. Le plan d’action sur les données ouvertes devrait aussi être priorisé, a averti M. Lamontagne.
Dans ses relations internationales, la direction générale de Montréal aura pour priorité, en 2019, d’accroître le rayonnement de la ville en assistant à des missions de promotion à l’étranger dans plusieurs secteurs. La mairesse Valérie Plante, qui est à Los Angeles jusqu’au 15 novembre pour promouvoir le cinéma montréalais, «est un très bon exemple de ce que nous voulons faire davantage», a expliqué Serge Lamontagne pendant sa présentation.
«Les provinces et les pays se positionnent de plus en plus par le leadership de leur ville. On doit garder notre positionnement enviable à Montréal, notamment sur le plan des changements climatiques», a ajouté le directeur général. D’un point de vue commercial, on reste aussi en contact avec des organismes comme Tourisme Montréal», a-t-il spécifié.
Le comité chargé de la transition écologique et de la résilience s’occupera enfin de poursuivre la réalisation du programme Montréal durable 2016-2020, en plus d’amorcer les réflexions sur l’élaboration d’un nouveau plan de développement durable pour 2019.
Le budget de la direction générale de Montréal se chiffre à quelque 18M $. «Ce n’est pas un budget très sexy : 75% des dépenses, c’est essentiellement des ressources humaines», a avancé Serge Lamontagne, qui croit toutefois essentiel que les 28 000 employés de la Ville « soient dans une démarche de mobilisation».
«Je crois fermement que si les 2800 cadres s’assoient avec leurs équipes et qu’à partir d’un sondage de mobilisation, on se donne des plans d’action par direction pour 2019, on peut faire une différence, et on peut aller ailleurs», a-t-il indiqué. Six rencontres sont prévues entre les quelque 2000 cadres de la Ville de Montréal d’ici la fin de l’année.
