Si vous êtes du genre matinal, vous me verrez peut-être ce matin au centre-ville de Montréal avec quelques collègues du journal Les Affaires et de Métro, coin Jeanne-Mance et Ontario, me démenant pour attirer l’attention des passants et des automobilistes : c’est la Grande Guignolée des médias, qui en est cette année à sa 10e édition.
J’allais écrire «qui célèbre cette année son 10e anniversaire», mais en vérité, on ne célèbre pas un événement qui existe du fait de la pauvreté qui frappe toujours beaucoup de gens chez nous. Comme les autres collectes de fonds qui se multiplient à ce temps-ci de l’année, la guignolée ne prétend pas régler le fond du problème, mais elle aide certainement à le soulager. Née à Montréal, elle s’étend maintenant à travers le Québec et l’an dernier, les quelque milliers de participants bénévoles ont ainsi recueilli 2 747 314 $.
C’est quand même une bonne somme, qui aide à mettre en perspective l’opinion répandue selon laquelle les Québécois ont moins le cœur sur la main que les citoyens des autres provinces… en fait, qu’ils sont plutôt pingres. Que disent les chiffres?
Désolé, mais c’est fondé, tout au moins en partie. En moyenne, nous donnons beaucoup moins : 231 $, compa-rativement à 517 $ ailleurs au Canada. Mais alors que les contributions baissent cette année dans les autres provinces, du fait des soucis économiques, elles demeurent stables ici. Et six Québécois sur dix prévoient malgré tout être autant sinon plus généreux que l’an passé.
Ces données proviennent de la firme Épisode, qui regroupe des experts-conseils en collecte de fonds et qui suit l’évolution des tendances en philanthropie. Elle présente d’ailleurs ce matin même à Montréal une grande étude réalisée par Léger Marketing sur les tendances en philanthropie au Québec en 2012. Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site de la firme, au www.episode.ca. Les besoins demeurent grands, mais la réponse est de mieux en mieux structurée. C’est déjà ça.
Pour le reste, il est clair que les organisations caritatives sont obligées d’étirer les dollars qu’elles reçoivent et qu’il leur faut tout le soutien possible. La pauvreté ne sera sans doute jamais éradiquée. Sauf qu’on peut au moins aider ceux qui travaillent à aider.
Je pense aussi que les Québécois sont plus généreux qu’on le pense, mais que leurs dons ne sont pas toujours comptabilisés officiellement. Si c’est le geste qui compte, alors tant pis pour les statistiques. Et n’oubliez pas de faire résonner avec vos dons la boîte que nous portons ce matin autour du cou!
• • •
Petite précision : on ne s’attend pas à ce que la plus récent tome du jeu vidéo Assassin’s Creed génère 1 G$ de vente à lui seul, comme je l’écrivais dans ma dernière chronique. C’est l’ensemble de la série qui a atteint ce seuil depuis son lancement en 2007. Il est fort, Ezio Auditore, mais quand même…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.