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Malade d'endettement

Près de huit personnes endettées sur dix éprouvent des problèmes psychologiques ou physiques. C’est ce qu’a révélé la première enquête éclair menée par la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) sur l’impact de l’endettement sur la santé, dont les résultats ont été dévoilés aujourd’hui.

Selon l’enquête menée dans les associations de consommateurs auprès de 96 personnes, 77 % d’entre elles ont dit se sentir découragées, avoir constamment envie de pleurer et avoir envie de tout abandonner en raison de leur situation d’endettement.

De plus, 73 % des répondants ont dit avoir des troubles de sommeil en raison de leur situation financière et 67 % souffriraient d’isolement et de replis sur soi.
«Plusieurs conseillers des associations de consommateurs avaient remarqué que le nombre de personnes qui arrivaient découragées, déprimées ou en burn-out avait augmenté au cours des dernières années, a indiqué Clémence Gagnon, porte-parole de la campagne de sensibilisation Dans la marge jusqu’au cou et consultante budgétaire depuis plus de 15 ans dans une association de consommateur. Nous avons voulu vérifier ces informations. L’enquête éclair nous a permis de conclure que de plus en plus de gens endettés sont fragilisés sur le plan psychologique et physique.»

Endettement galopant
Au Québec, en 1990, un consommateur moyen dépensait 110 % de ses revenus disponibles. Ce taux d’endettement est passé à 131 % en 2007.

«Le crédit est rendu banal. C’est devenu une solution à tout, déplore Mme Gagnon. Les gens ont l’impression que, puisque le crédit est très accessible, ils n’ont plus besoin d’économiser. Le crédit est devenu leur filet de sécurité.»

Le taux d’épargne des Québécois a d’ailleurs chuté entre 1990 et aujourd’hui, passant de 13 % à 1 %. Depuis 1990, l’endettement augmente sept fois plus vite que les revenus.

Devant un tel constat, la CACQ demande au gouvernement d’intervenir afin de mieux réglementer la publicité sur le crédit, notamment celle destinée aux jeunes.
La CACQ propose d’interdire la sollicitation sur le crédit auprès des jeunes de moins de 18 ans, notamment dans les institutions scolaires, et d’interdire les sollicitations personnalisées de crédit faites par la poste, par téléphone et par internet.

«L’endettement cache des problèmes sociaux réels, a rappelé Mme Gagnon. Nous croyons que l’État a un rôle majeur à jouer.»

L’Office de la protection du consommateur a indiqué qu’il se pencherait sur la question du crédit cet hiver, dans le cadre des discussion liées au processus d’actualisation de la loi.

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