L’ancien élu montréalais d’Équipe Coderre, Harout Chitilian, dirigera la fondation internationale Aurora. Un reclassement prestigieux qui fait figure d’exception chez les anciens élus municipaux.
L’annonce a été officialisée lundi, l’ancien vice-président du comité exécutif devient président-directeur général de la fondation, créée par des descendants de réfugiés arméniens afin de valoriser des initiatives humanitaires méconnues.
«Le prix Aurora pour l’éveil de l’humanité est le troisième prix le plus prestigieux après le prix Nobel et le prix Zakharov. Pour l’édition 2018, on a reçu des nominations pour 509 personnes», mentionne au bout du fil l’ancien élu de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.
Le comité de sélection comprend notamment l’acteur George Clooney, le fondateur de Médecins sans frontières, Bernard Kouchner, et les anciens présidents du Mexique et de l’Irlande, Ernesto Zedillo et Mary Robinson. Le dernier lauréat, le Dr Tom Catena, a reçu 100 000$ pour son travail au Soudan ravagé par la guerre civile. Il a aussi pu choisir les organisations caritatives qui se partageront une bourse d’un million de dollars.
«L’organisation de ce concours nécessite bon nombre d’enquêtes sur le terrain afin de vérifier la véracité des informations fournies lors des mises en candidature. Ce travail sert aussi à réaliser un vrai travail journalistique de mise en lumière de crises humanitaires méconnues», ajoute M. Chitilian.
En tant que président-directeur général de Aurora Humanitarian Initiative, l’ancien élu montréalais dirigera une équipe d’une quarantaine de personnes réparties dans plusieurs pays. L’organisation propose aussi un programme de bourses aux étudiants provenant de zones en crise.
«Après la défaite [électorale de novembre dernier], ce qui est ressorti de mes différentes discussions et réflexions, c’est que je voulais continuer de servir la population», affirme l’ancien élu, qui n’écarte pas la possibilité de revenir en politique à moyen ou long terme.
Tous les élus n’ont pas eu une transition aussi rapide. Si l’on se fie aux pages Facebook des anciens élus du comité exécutif de l’administration Coderre, seule une poignée d’entre eux s’est remise au travail cinq mois après la défaite aux élections municipales.
«Au niveau personnel, c’est souvent difficile à vivre. Tu travailles [tout le temps] et d’un coup tu te retrouves devant rien. Certains ont beaucoup de mal à en parler et il n’y a pas de programme d’aide comme chez les parlementaires», témoigne l’ancienne élue montréalaise, Helen Fotopulos, qui a récemment créé l’Association québécoise des anciennes élues et anciens élus municipaux.
Ce réseau, qui compte 350 anciens élus, vise notamment à outiller ceux qui veulent retourner sur le marché du travail ou ceux qui, à la retraite, n’ont pas droit aux sessions de planification financière offertes aux anciens fonctionnaires municipaux. «On veut aussi valoriser les compétences acquises durant leurs mandats respectifs», précise Mme Fotopulos. Cette dernière a, par exemple, utilisé son expérience pour travailler dans l’organisation d’élections en Ukraine. L’association fondée par Helen Fotopulos tiendra sa première assemblée à Montréal le 4 mai.
