Montréal

Le français toujours en déclin sur l’île de Montréal

Il faut augmenter la force d’attraction du français, ont clamé d’une seule voix Mario Beaulieu, Pierre Curzi et Maria Mourani mercredi, à l’issue du dévoilement des données du recensement 2011 sur la langue de Statistique Canada.

Le président du Mouvement Québec français, l’ancien porte-parole en matière de langue du Parti québécois et la députée du Bloc québécois étaient réunis hmercredi pour commenter les résultats du plus récent recensement sur la langue, qui confirme le lent mais réel déclin de la langue française au Québec, et plus particulièrement sur l’île de Montréal.

Au Québec, le français comme langue maternelle a diminué de 0,7 %, pour s’établir à 78,9 %. À Montréal, il a reculé de 0,9 %, pour s’établir à 48,7 %. Bien que la diminution soit assez faible – si l’on compare aux résultats de 2006, où le recul était de près de 2 % –, les trois conférenciers insistent sur la tendance de déclin qui se maintient avec ces nouveaux résultats. «Le déséquilibre ne se règle pas, il se confirme, a affirmé Pierre Curzi. La majorité voudrait que le français augmente et que l’anglais diminue, mais non, c’est l’inverse : il y a donc une anglicisation qui se continue.»

L’anglais est toujours plus séduisant que le français à Montréal, ont admis Mario Beaulieu et Pierre Curzi. Les données concernant la langue de Shakespeare restent d’ailleurs stables, globalement.

Maria Mourani a ajouté qu’il fallait également prendre en compte le changement de questionnaire imposé par le gouvernement Harper. Le questionnaire plus court, et devenu non obligatoire, vient fausser les données, selon la députée et cofondatrice du Mouvement Montréal français. Cela pourrait donc expliquer que la diminution soit aussi faible par rapport à 2006.

Seul changement : les immigrants sont de plus en plus nombreux à parler le français à la maison. Alors qu’ils étaient 21 % en 2001 et 23 % en 2006, ils sont maintenant 24 % à utiliser la langue française pour s’exprimer dans la maison familiale.

Maria Mourani et Mario Beaulieu croient toutefois que ce phénomène serait dû aux nouvelles règles entourant l’immigration imposées par le gouvernement fédéral. Ces règles favoriseraient l’arrivée au Québec d’immigrants en provenance du Maghreb et de l’Afrique par exemple, qui parlent souvent déjà français.

Beaucoup de travail reste à faire pour appliquer efficacement la loi 101, estiment MM. Beaulieu et Curzi, ainsi que Mme Mourani. «Il faut aider les nouveaux arrivants à parler français, intégrer les enfants dans des écoles françaises, et, surtout, il ne faut pas oublier de valoriser le français comme langue de travail et comme langue publique», croit Maria Mourani.

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