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Claude Castonguay propose de revenir à l’essentiel du réseau de la santé: le patient

Depuis 2003, le budget du ministère de la Santé est passé de 18 G$ à 31 G$, sans que la prestation des soins s’améliore grandement, d’après l’ancien ministre de la Santé, Claude Castonguay. Dans son livre Santé: L’heure des choix, lancé lundi, il souligne l’importance de revenir à l’essentiel: le patient.

«Trop souvent, on se préoccupe des structures, de la pureté du système, du contrôle que le ministère exerce et on oublie en définitive le patient», a déclaré le père de l’assurance-maladie lors d’une rencontre de presse.

M. Castonguay propose d’adopter un plan d’ensemble de redressement du système de santé qui permettrait de générer des économies allant jusqu’à 10%, trois à quatre ans après son implantation.

Parmi ses idées de «redressement», il suggère de se concentrer sur les soins en première ligne et les soins à domicile plutôt que d’investir dans de nouvelles ressources. M. Castonguay a d’ailleurs considéré comme «un bon début» les annonces faites ce week-end par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, concernant la création de nouveaux groupes de médecine familiale (GMF) et l’embauche de personnel supplémentaire pour ces derniers.

L’ancien ministre de la Santé préconise d’accélérer l’informatisation des dossiers informatiques et de donner davantage de latitude aux GMF pour ce qui est de leur organisation et de leur gestion.

«Il va falloir mettre fin au programme des activités médicales prioritaires, qui détourne un trop grand nombre de médecins omnipraticiens de leur mission à la première ligne», a aussi suggéré celui qui a présidé la commission d’enquête sur la santé et le bien-être social de 1966 à 1970.

Le métier d’infirmière doit également être davantage valorisé, a-t-il ajouté. De meilleures conditions de travail doivent leur offertes. En revanche, Claude Castonguay croit que les augmentations salariales accordées aux médecins – de 7,8% par année en moyenne de 2000 à 2010 – doivent être plus raisonnables.

«C’est une progression qui est difficilement soutenable si on tient compte des objectifs de réduction des dépenses en santé et d’atteinte du déficit zéro par le gouvernement», a-t-il fait savoir.

La gouvernance doit en plus être révisée. «Trop de structures et trop de fonctionnaires», a plaidé M. Castonguay. Dans le ministère de la Santé, la Régie de l’assurance-maladie et les Agences de santé et des services sociaux, il y a 4800 fonctionnaires. «Ils n’apportent rien directement aux opérations. Avec les cadres des hôpitaux, ils sont 14 0000 à «gérer» le système de la santé, ce qui représente une rémunération annuelle de plus de 1G$». L’ancien ministre de la Santé propose d’abolir les agences, excepté à Montréal où la situation est plus exigeante.

La FMOQ nuance
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) est d’accord avec Claude Castonguay pour ce qui est de l’importance de miser sur les soins de première ligne. Des précisions doivent toutefois être apportées à certaines de ses propositions, selon la FMOQ.

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