Est-ce qu’une femme a le droit de ne pas vouloir se faire aborder tard le soir dans une métropole sans se le faire reprocher? Mon boulot fait en sorte que je doive rentrer tard le soir à la maison et il m’arrive en moyenne une fois par semaine de me faire aborder par des hommes à minuit. Et je n’aime PAS ça!
Bien que Montréal soit une ville assez sécuritaire, (la ville connaît une baisse de la criminalité de 22% depuis 2000, selon le magazine Madame) il reste que, je suis une fille et parfois, je dois dire que ce qui est véhiculé dans les médias – homicide, viol, enlèvement, etc. – me trotte un tout petit peu dans la tête. Par exemple, il y a quelques semaines, une femme s’est fait enlever, séquestrer puis violer par un homme juste à côté de chez moi. Les jours qui ont suivi, je l’avoue, j’y ai un peu pensé! Détrompez-vous je ne me laisse pas obnubiler par ce genre d’histoire, mais lorsqu’un homme (ou des hommes) me complimente dans une rue plus ou moins déserte la nuit, je n’ai pas vraiment le goût de le (ou les) remercier.
Ce n’est pas simplement le fait que je ne souhaite pas être dérangée tard le soir qui me fâche, c’est aussi le fait que les hommes auxquels je n’ai pas répondu, m’ont, pour la plupart, insultée parce que je n’ai pas été réceptive à leurs «avances». Je suis sidérée qu’une personne ne comprenne pas que ça fout la trouille de se faire adresser la parole la nuit!
Je ne suis pas la seule dans cette situation. Beaucoup de femmes ont peur de marcher seules, le soir, à Montréal. Ces comportements des hommes n’aident pas du tout à rassurer ces femmes.
J’espère seulement que les hommes qui liront ceci, même s’ils sont bien intentionnés, y penseront à deux fois avant d’aborder une femme tard le soir, parce que moi, ça me fait un peu peur…